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samedi 26 août 2017

Connecting with trust!

C'était le thème de mon troisième EQ Café la semaine dernière. Avant que ces émotions ne s'effacent, surpassées par celles qui m'envahissent ces derniers jours alors que je finalise mes valises et fais mes "au-revoir" à tous mes étudiants, je tenais à relater cette expérience unique et totalement gratifiante.

Mon amie Shams, coach Yemeni-saudi est récemment devenue EQ Network Leader comme moi. Elle avait souhaité assister à mon deuxième EQ café le mois dernier pour avoir une meilleure idée de ce qu'elle pouvait développer et sans réfléchir je lui ai
proposé ce jour-là d'organiser le prochaine EQ Café ensemble. Le thème étant connecter en pleine confiance, je me suis dit sans réfléchir encore une fois "mettons la barre un peu plus haute et testons la notion de confiance entre des personnes de différentes cultures, langages et genres. J'étais toute animée à cette idée jusqu'à ce que qu'arrive le week-end en question.

J'ai été surprise de voir que des gens du campus, étudiants et personnels de support, étaient prêts à se déplacer jusqu'à Jeddah pour profiter de cet atelier. Sur le ton de la plaisanterie, H m'a gentiment fait remarquer qu'il venait pour voir ma tête lorsque la police religieuse ferait irruption vu que nous avions annoncé clairement que c'était un événement mixte.

25 personnes s'étaient enregistrées et 26 sont venues, bien sûr la majorité des enregistrées ne sont pas venues et fort heureusement ont été remplacées par celles qui ne s'étaient pas inscrites.

Shams m'avait gentiment proposé de venir dormir chez elle pour que l'on puisse préparer la présentation ensemble la veille. Dans tout autre pays, une telle invitation resterait anodine mais dans ce cas mon cerveau bouillonnait à l'idée de passer la nuit à Jeddah dans un environnement Saudi. Allais-je devoir me couvrir tout le week-end, comment devais-je me comporter face au mari, y avait-il d'autres hommes dans la maison... Bref, j'ai fait appel à mes étudiants plusieurs fois pendant la semaine pour avoir différentes opinions et toutes m'ont aidée à me relaxer vu que Shams ne m'aurait pas invitée si elle n'était pas certaine que son mari l'accepterait ou que cela ne me mettrait pas en difficultés. Et en effet, tout s'est passé sereinement sans pression aucune, pas d'abaya ni de moments inconfortables avec la famille du tout. Une superbe week-end dans une famille très chaleureuse avec un petit déjeuner typique Saudi qui vous permet de jeuner tout le reste de la journée. :-)

Par contre, ce qui était plus difficile à vivre c'est que toute la maison est cloîtrée selon les standards saoudiens. Aucune fenêtre ne laisse passer le jour pour éviter que les gens ne puissent voir à l'intérieur depuis l'extérieur et surtout pour permettre à toutes femmes de se dévoiler lorsqu'elles se retrouvent à l'intérieur. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce n'est pas tant une tradition d'offrir des fleurs dans ce pays. Elles auraient tendance à mourir assez rapidement malheureusement. Fort heureusement, les nouveaux appartements sont construits avec des fenêtres désormais mais les maisons plus traditionnelles rendraient ma vie impossible! 

Nous nous sommes alors rendus à l'Inner Piece Center où l'atelier avait lieu. Tout dans cet espace respirait l'énergie douce et paisible. C'était comme si tout à coup en entrant, on oubliait que l'on était à Jeddah et que tous nos soucis s'évaporaient pour se concentrer sur le pourquoi de notre visite. C'est d'ailleurs un lieu de self-awareness and well-being habituellement avec de nombreux coachs. Et c'est vraiment le sentiment que nous avons eu pendant tout l'atelier. Les gens se sont peu à peu relâcher, même les plus conservateurs se sont ouverts à la discussion et les échanges sur les différentes activités ont été très profonds. De la jeune fille en Niqab qui n'avait probablement pas plus de 20 ans à la belle-soeur de Shams qui avait probablement 70 ans et ne parlait pas un mot d'anglais, toutes et tous ont participé gaiement et vivement. Sans pouvoir expliquer pourquoi, Shams et moi nous sommes senties extrêmement heureuses après cet atelier, avec l'impression d'avoir accompli quelque chose de positif.


Et comble de la surprise, un de mes collègues est arrivé le lendemain nous informant que sa belle-mère avait assisté à l'atelier - aucune idée de comment elle a reçu l'invitation - et n'avait pas arrêté de parler positivement de son expérience.


De beaux souvenirs à garder en mémoire pour mes prochains ateliers en France :-)










dimanche 21 mai 2017

Tout ce folklore pour...

...un président américain qui foule le sable chaud de ce pays. Je ne me souviens pas d'avoir vu autant de déferlantes médiatiques et protocolaires lors de la visite de son prédécesseur. Pourtant, il me semble que le couple précédent, hautement plus distingué, était venu alors même que je résidais déjà ici.

Bref, ils ont mis les petits plats dans les grands et ont dépensé des sommes colossales pour organiser ce qui aurait été impossible n'importe où ailleurs. Et comme finalement, ils ont réussi ce miracle sans trop d'embûches, pourquoi ne pas recommencer demain, non? A quel coût humain me répondrez-vous? Qu'importe, que les personnes qui ne sont pas contentes partent. D'autres pigeons seront recrutés...

Ma conclusion après deux semaines complètement folles, l'argent permet bien des choses certes mais développe les égos, multiplie les décisions intempestives et ne favorise en aucun cas la stratégie, le planning et la productivité sans parler du respect des personnes...

Je pense que si je devais écrire un livre sur ne serait-ce que ces deux dernières semaines, personne ne pourrait imaginer que ce n'est pas une fiction... Il faut le vivre pour le croire!

mercredi 12 avril 2017

Now I understand...


Ce matin nous sommes allées boire notre thé habituel sur l’esplanade et avons observé avec « horreur » que les chaises avaient été enlevées. Ont-ils également estimé qu’il était temps de mettre fin à nos pauses café ? Ce serait le comble ! Mais peut-être pas si impossible, ceci dit Ramadan arrive sous peu et d’une façon ou d’une autre même si les chaises réapparaissent il nous sera impossible de les utiliser pour une telle démarche !

Mais non, je vous rassure après une rapide enquête, nos droits à lézarder (que dis-je à travailler ardemment en plein air) ne sont pas remis en cause. Les personnes de la logistique ont tout simplement été très prudentes et les ont rangées pour qu’elles ne souffrent pas (et les bâtiments en verre non plus) de la tempête de sable.

Tempête de sable ? Quelle hérésie !! Le ciel est d’un bleu immaculé et il fait une chaleur exceptionnelle. De quoi parlent-ils ? Ils sont fous ces romains (ou philippins en l’occurrence) !

Nous rentrons donc gentiment dans notre bureau et nous renfermons l’espace de quelques heures. Ayant un rendez-vous téléphonique important, je rentre déjeuner à la maison en bicyclette comme à mon habitude.   

Il faut alors que je me rende à l’évidence : les romains comme toujours avaient vu juste ! Il s’en est fallu de peu pour qu’une petite tornade ne me propulse à terre alors que je pédalais tranquillement. J’avoue que cela réveille tout à coup et je ne vous parle pas du goût sablé qui a envahi ma bouche depuis, ou le sable qui, comme je peux facilement l’imaginer, a du s’amuser à recouvrir tous mes meubles intérieurs alors que les portes sont restées fermées toute la journée.

Maintenant que j’y pense, je ne sais pas ce que je considère plus difficile à gérer : tempête de sable ou tempête de neige ?  Les chinois, eux, ont compris depuis belle lurette, dès ce matin ils sortaient équipés de leurs masques et je les regardais en rigolant… Tel est pris qui croyait prendre !

samedi 8 avril 2017

Semaine médicale

Poussée par une soudaine crainte de ne pouvoir trouver de solution aux trois mois de carence imposée par la sécurité sociale à mon retour en France, j'ai décidé de prendre tous mes rendez-vous médicaux cette semaine. Oui, je sais j'aurais au moins pu les étaler un peu mais... le temps presse et je serai beaucoup trop occupée à partir du mois de mai pour m'autoriser ces pauses aléatoires dans mon emploi du temps professionnel. Heureusement, la clinique est à cinq minutes en vélo du bureau et les docteurs nous prennent généralement à l'heure.

Ma conclusion de cette semaine pittoresque - car toute visite chez le docteur dans un pays qui n'est pas le vôtre est toujours une aventure - pourquoi est-il si simple de faire des radios générales des dents alors qu'il est si horrible de faire une mammographie?

En effet, mon petit âge avançant il m'a fallu me résoudre à faire cet examen délicat dont j'avais tant entendu parler mais que j'avais repoussé jusqu'au dernier moment. Je dois reconnaître et remercier la vie pour la chance qui m'a été offerte de ne jamais avoir eu à en faire un auparavant et de pouvoir m'y rendre cette fois l'esprit relativement libre. Je n'ose imaginer la position de toutes ces femmes qui ont soit un cancer et souffrent déjà beaucoup, soit un gros doute sur leur état de santé. Cette machine a dû être inventée par un homme ce n'est pas possible. L'appareil que nous avons reçu ici est de dernier cri donc je suppose qu'il est encore plus agréable que n'importe quel autre vieux modèle. J'ai été épaulée par une fort sympathique philippine, plus douce qu'elle tu meurs, mais je n'ai pu m'empêcher de m'imaginer le faire dans des conditions moins sympathiques. Je n'arrive toujours pas à concevoir qu'il n'y ait pas une possibilité de construire un appareil qui soit un peu plus agréable et facilement opérationnel. Vite, une chercheuse scientifique qui se met sur ce sujet, s'il vous plaît. Il y a définitivement un brevet et un marché à exploiter !  Heureusement, à la fin de la visite ma petite philippine n'a pu s'empêcher de me confirmer que tout semblait bon et que je pouvais continuer ma petite vie tranquille.

Ma visite chez le dentiste fut elle aussi très intéressante. Un jeune docteur formé en Suède et directement venu de Jeddah à commencer par faire don de son charme pour ensuite m'annoncer la mauvaise nouvelle. Un petit scanner général (eh bien oui autant utiliser tout le matériel dernier cri du coin au frais des assurances maladie) a démonter sa thèse initiale sur la belle tenue de mes dents. Mes deux dents de sagesse du haut ont généré quelques cafouillages et il serait plus sain de les enlever. Oh non, ce n'était pas vraiment prévu, ai-je vraiment envie de mettre ma bouche entre les mains de dentistes ici pour une telle opération. Surtout que lui, qui me parait pourtant très apte ne vient que très rarement et ne sera pas la personne indiquée...

Convaincue qu'il vaut encore mieux le faire ici et demander un jour de congés le lendemain si besoin que de le faire en plein milieu de mon installation en France, je signe pour quatre rendez-vous additionnels chez le dentiste: deux extractions, un d'hygiène globale et un filling.
La première extraction, réalisée par un chirurgien maxillo-facial tunisien, même si toujours endormie, s'est très bien passée mais restez postés pour les prochains détails de ces rendez-vous à venir! Quelque chose me dit que j'aurais encore plein de choses à partager...


vendredi 24 mars 2017

Un pays plein de contrastes...

et en évolution constante!

Après avoir tellement décrit le caractère plutôt conservateur de Qasim, j'ai eu l'impression de voyager à une toute autre contrée quelques jours plus tard alors que je me rendais à Jeddah pour une exposition culturelle. C'est en effet l'expo 2139 à Jeddah en ce moment (http://www.21-39.com) et à cette occasion j'avais pu visiter trois galeries dans la même soirée.

Accompagnée de mes amies artistes je me trouvais bien petite devant leur connaissance et leur analyse des oeuvres d'art mais ai malgré tout adoré pouvoir interagir avec les artistes directement et mieux comprendre leurs expressions artistiques. L'une des peintres, ou plutôt réalisatrice d'un collage, m'a particulièrement frappée par ses propos et n'ai pu m'empêcher de lui demander si elle s'exprimait aussi ouvertement avec toutes les personnes qui la questionnait sur son oeuvre. Un collage sanctionnant clairement le rôle de la religion dans la société Saudi et son impact sur la soumission des personnes.

Une autre représentait, par une oeuvre que je n'aurais absolument jamais comprise si je ne l'avais rencontrée, la règle des 21 jours qui nous permet de modifier positivement nos schémas habituels (qui eux peuvent être plutôt négatifs) et qui peut parfois nous mettre la tête à l'envers.

Mais ce qui m'a le plus frappée c'est cet atmosphère tellement relax et venu d'une autre planète: un grand nombre de filles portaient leur abaya ouverte ou laissaient dépasser des jeans troués par les trous.
Au troisième étage, on se retrouvait dans un cadre digne d'un des bars les plus populaires de la rue de la soif, alcool en moins. Des jeunes libres des contraintes habituelles interagissaient en toute gaieté autour d'oeuvres artistiques remarquables. Un vrai délice!

Nous avons quitté cet espace exceptionnel pour retrouver les galeries un peu plus traditionnelles mais qui présentaient néanmoins des artistes locaux très intéressants. Tous étaient présents, expliquant chaque petit détail et toutes les symbolisations exprimées dans leur oeuvre. Au risque de me répéter, un vrai délice! J'expose ci-dessous quelques-unes des oeuvres qui m'ont le plus interpelée. Nous avons terminé en Guest VIP grâce à notre amie qui était au préalable curatrice de cette galerie et avons découvert une magnifique terrasse sur le toit de l'édifice, transformée en marché des saveurs internationales pour l'occasion. L'ambiance cette fois était digne d'un soir d'été sur la côte d'azur. Il ne manquait plus que les cigales et le petit verre de rosé. Pour être complètement honnête malgré tout, il aurait peut-être aussi fallu baisser la "ventilation" puisqu'une tempête de sable se levait lentement ce soir là et diminuer le thermostat car la température restait élevée, agrémentée d'une couche de sable peu agréable qui venait nous recouvrir les papilles.










Quelques semaines plus tard, le changement continuait sa petite avancée et nous étions informés d'un spectacle de cirque mixte qui se présentait à Jeddah. En France, je dois avouer que le seul cirque que j'ai du voir au cours des 20 dernières années a été le Cirque du soleil (qui vient apparemment en 2018 à Riyadh!!) mais je ne pouvais manquer cet événement. Nous avons donc, non sans mal encore une fois, acheté nos billets et pris la direction de Al Balad lieu qui semblait indiquer sur le site web. 90 minutes et nombre de bouchons plus tard, nous découvrons un superbe festival à Al Balad mais aucune trace du cirque.

Non, le cirque ne se tient pas ici mais au Red Sea Mall, il nous faut donc rebrousser chemin et remonter vers le nord, d'où nous venons exactement. Au Red Sea Mall, personne ne sait nous aiguiller sur le lieu exact du spectacle. Prêts à rendre les armes et à nous contenter d'un repas au restaurant, nous rencontrons finalement un charmant officier d'information qui nous apprend que le lieu est en fait à dix minutes du Mall. Une heure après le début indiqué du spectacle, nous entrons enfin dans l'arène. Les sièges dans notre catégorie étant totalement occupés, nous sommes surclassés et pouvons assister à quasiment la totalité du spectacle. Autant dire qu'une bonne majorité de spectateurs a dû se perdre comme nous. La performances des acteurs m'a fait réaliser combien ceux du cirque du soleil sont vraiment très bons mais pour leur défense, opérer devant un public qui n'a pas l'habitude d'applaudir ou de montrer sa joie et de partager ses émotions positives publiquement n'a rien de très simple non plus. Plusieurs fois, ils ont essayé de mettre en avant leur performance et n'ont reçu que de maigres applaudissements. Les gens entraient et sortaient régulièrement pendant le spectacle et comme au ciné n'hésitaient pas à rentrer avec leurs paquets de chips ou autre alimentation en faisant le plus grand bruit. A peine terminé, les spectateurs se sont rués vers la sortie sans réellement remercier les personnes sur scène. Une attitude qui ne doit pas être simple à gérer lorsque l'on est sur scène.

Malgré tout, le spectacle était vraiment très beau et le seul fait qu'il puisse avoir eu lieu en soit est un miracle!


samedi 4 février 2017

Al Qasim, la Rome antique de KSA

Un voyage auquel je m'étais inscrite sans vraiment penser que j'irai réellement vu que je n'avais pas payé mes dus. Mais deux jours avant le départ, me voici informée que l'on m'attendra à 16 heures pour se rendre à l'aéroport. Oops, il va falloir que je négocie une sortie du bureau plus tôt. 
Ces petits détails réglés, me voici en partance pour Al Qasim. "Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas? Il n'y a rien à voir. Ils sont tellement conservateurs là-bas.", me disait-on. Pleine d'insouciance, et sans vraiment connaître le programme, vous connaissez la chanson, je m'embarquais pour cette nouvelle épopée. Les yeux toujours pleins d'étoiles suite à mon excursion à Tabouk, je m'attendais à une tout aussi belle expérience...

Mais...la réalité fut quelque peu différente. Ne vous y trompez pas, j'ai quand même réussi à prendre plus de 200 photos, il ya donc bien des choses intéressantes à voir. Mais... les conditions du voyage m'ont confrontée à une toute autre réalité de la vie dans cette contrée et je suis rentrée les yeux plutôt humides ou du moins gris nuageux. 

Il m'est de plus en plus clair que ma relation aux hommes a toujours été quelque peu compliquée. Oui, je sais,  j'arrive enfin à l'âge de raison. Mieux vaut tard que jamais! Et j'ajouterais, encore plus lorsqu'ils sont relativement machistes et cherchent à contrôler mes faits et gestes. Sachant cela me direz-vous pourquoi suis-je allée en Colombie et me retrouve maintenant en KSA où cet aspect est encore plus criant. Excellente question, merci de me l'avoir posée!

Toujours est-il que ce voyage a dégagé en moi une intolérance pour ce genre de personnages à son paroxysme. L'agenda, que j'aurais dû regarder plus attentivement probablement, était complet voire trop complet. Comme à chaque voyage, le guide souhaite nous faire découvrir les 1001 merveilles de sa région et ne se rend pas nécessairement compte que nous nécessitons plus que deux minutes pour les observer et les apprécier comme il se doit. Je suis généralement allergique aux tours guidés mais au vu de ma condition féminine, c'est à peu près la seule chance qui m'est offerte de visiter ce beau pays. Très vite la moutarde m'est montée au nez lorsque nous étions pressés de nous dépêcher, de prendre moins de photos pour nous rendre dans l'autre site touristique. Mais je décidais de naviguer un peu ces émotions et de profiter du côté positif de ce voyage. 

Dans chaque lieu visité, un protocole d'accueil saudi s'imposait: nul ne sortira de ce lieu sans avoir manger au moins une datte, bu une tasse de café saudi et terminé cette collation par un petit biscuit et un petit thé bien sucré. Après quatre accueils de ce style, vous n'avez qu'une seule envie, celle qui vous impose de sortir au plus vite!

Mais le plus dur restait à venir... Un petit détour par les festivals où nous étions bien sûr attendus comme personnalités importantes, cameramen et autres personnages des médias à l'appui. Nulle question de s'échapper et d'aller faire le tour des stands en individuel comme j'en avais pris l'habitude auparavant. Vous resterez tous groupés et nous visiterons les stands tous ensembles. Mon esprit rebel s'est enflammé et j'ai profité d'un petit moment d'égarement de nos guides pour m'envoler avec une amie. Bien sûr la négociation des prix est beaucoup plus compliquée lorsqu'aucun des deux camps ne parlent le même langage, mais qu'importe! Au final ce ne sont que des chiffres et même si certaines commerçantes ignoraient notre système, il y avait toujours un ou une passante qui nous aidait dans la traduction. Les femmes, toutes couvertes de leur niqab, nous saluaient, nous souhaitaient la bienvenue et parfois nous demandaient une photo, non sans au préalable s'être regardée pour s'assurer de... je ne sais quoi exactement car seuls leurs yeux apparaissaient. Certaines s'exprimaient parfaitement en anglais, avec d'autres par contre nous nous amusions à interpréter nos langues respectives pour établir un semblant de communication. Le mutawa lui par contre n'a eu aucun problème à se faire comprendre, même s'il ne parlait pas un mot d'anglais, lorsqu'il nous a gentiment engueulé et demandé de nous couvrir le visage (ce que nous n'avons pas fait bien entendu). Des expériences que l'on ne peut vivre si l'on se promène à plusieurs... 

Le lendemain a donné lieu au même rythme effréné et nous avons pu expérimenter un deuxième festival. Les conditions se sont avérées très distinctes cette fois malheureusement. Ayant appris de leurs "erreurs" antérieures, nos guides ont décidé cette fois que nous n'aurions aucun échappatoire possible. S'éloigner de 10 mètre générait un harcèlement sans limite et toute distanciation du groupe donnait lieu à d'interminables discussions. Bien sûr, ces hommes ne souhaitaient en aucun cas que nous nous promenions seules. Je conçois que ce ne sont pas les coutumes de la région mais nous sommes clairement étrangères et n'avons aucune envie d'aller danser (quoique) dans la rue sans faire attention à notre environnement. Nous ne faisions rien de mal, et prendre des photos ne se fait pas en une seconde. Je n'ai pas non plus l'intention de passer 10000 ans devant un stand qui ne m'intéresse absolument pas lorsque je pourrais aller parler avec l'artiste ici présent qui souhaite vendre ses oeuvres d'art. Mais l'organisation en avait décidé tout autrement et même ce petit écart m'a été refusé. Autant dire que ma petite bouilloire était au bord du sifflement. Et comme si cela n'était pas suffisant, tous ces messages m'étaient transmis d'une manière très peu respectueuse (selon mes critères). 

Mais l'impact le plus important de ce voyage est venu quelques heures plus tard. Jusqu'à présent chaque fois que nous avions voyagé nous n'avions pas vu de femmes, étant toujours accueillis par les guides masculins. Naviguer ainsi "librement" dans ces festivals nous a fait découvrir une toute autre réalité. Ces femmes portaient toutes le niqab ou étaient complètement couvertes avec ce que je qualifierais de masque d'escrime directement intégré dans leur abaya. Ne pouvoir voir aucun de ces visages, observer tout ce noir à chaque coup d'oeil échangé, ne pouvoir reconnaître cette femme qui nous a saluées si gentiment il y a quelques secondes car elles se ressemblent toutes de par leurs yeux maquillés à l'identique... Tout cela finit par vous peser sur le système sans même vous en apercevoir et les idées noires s'incrustent également. 
Tout ceci cogitait plus ou moins sereinement dans ma petite tête lorsque l'heure du retour a sonné et que je me suis trouvée nez à nez avec l'un de mes étudiants. Il avait étudié 6 ans aux Etats-Unis et est maintenant de retour sur le campus pour le Master. Je n'avais aucune idée qu'il était de cette région. Il me paraissait relativement libéral et avait toujours un mot très sympathique sur ce que je portais ou autre. Le voir entrer dans l'avion, accompagné d'une dame entièrement couverte, m'a soudainement fait un choc. Quelle expérience difficile celle de passer d'un monde aussi conservateur à cette société libérale aux U.S. pour ensuite revenir à ses racines et revivre dans ces conditions. Je n'ai pu m'empêcher de me demander ce qu'il pouvait ressentir et comment il pouvait interagir avec cette vie locale. 

J'ai eu l'occasion d'aborder le sujet depuis avec mon amie Nada. Pour la première fois, je me suis aperçue que sa famille elle-même était conservatrice. Elle me l'avait mentionnée mais en visionnant les photos du mariage de sa soeur, j'ai pu constater que toute les femmes (mère et soeur) se couvrent et qu'elle est la seule à porter le hijab. Une situation qu'elle m'a décrite comme difficile mais qu'elle arrive malgré tout à soutenir. Son père fort heureusement la soutient même si parfois en son fond intérieur elle sent bien que face à la famille son support n'est pas aussi fort. Ses frères par contre sont beaucoup plus conservateurs et ont encore du mal à comprendre sa personnalité et son indépendance. Aller à la banque avec son frère est devenu un cauchemar: il est soit trop soucieux de ne pas se montrer avec une femme non couverte ou trop attentionné pour ne pas la laisser seule et lui permettre de parler seule au guichet. J'espère juste que son père restera de ce monde jusqu'à ce qu'elle décide ce qu'elle souhaite faire de sa vie car sinon ses frères risquent de la marier au premier conservateur venu. 

Et dire que je pensais avoir souffert lors de mon choc culturel inverse en rentrant en France la première fois. C'était du gâteau en comparaison.    

Après avoir dormi de plus longues heures et repris mes esprits, j'ai pu remonter un peu mon humeur et découvrir une toute autre société à Jeddah ce week-end. J'ai eu le sentiment de m'être exilée l'espace de quelques instants grâce à l'expo artistique 2139 dont je vous parlerai dans un prochain poste. En attendant, voici "quelques" photos de ce week-end tumultueux! 





jeudi 19 janvier 2017

Un court passage en France...

Rien de plus frustrant que d'atterrir dans son pays sans pouvoir sortir de l'aéroport. Le petit inconvénient de prendre Air France pour se rendre aux U.S.. Mais je dois avouer que mon choix était plus que très intéressé car je trépidais d'impatience à l'idée de pouvoir visionner de bons petits films français. Air France devient donc l'espace d'un instant le cinéma préféré de mes temps modernes sans culture cinématographique.

Curieusement, ma sélection comprenait deux films tournés en Bretagne, l'occasion de se replonger dans ces beaux paysages, j'aurais juré que l'air iodé m'arrivait aux narines. "L'avenir" avec Isabelle Huppert m'a permis de passer quelques heures agréables à me remémorer ces terribles épreuves de philosophie et les joies que l'on éprouvait à converser et argumenter pendant les cours sur des sujets plus ou moins pertinents. J'ai trouvé "Les châteaux de sable" poignant et très d'actualité. Emma de Caunes très poignante et vraie. La fin un peu trop happy ending m'a laissée sur ma faim mais globalement un film très émouvant, des paysages magnifiques qui représentent à merveille cette région - curieux de se retrouver soudainement propulser à Paimpol!

Autre film plus dérangeant pour certains probablement "La belle saison" avec Cécile de France. Curieusement, j'ai fait mon choix en fonction de l'actrice et elle ne m'a pas déçue! J'ai appris à vraiment l'apprécier et ses films ont souvent un fort impact sur ma petite personne. Beaucoup de sujets délicats sont traités dans cette histoire: le MLF, les relations homosexuelles et leurs conséquences sur la société et la famille, la vie à la campagne.... Des scènes osées - ou peut-être suis-je devenue un peu trop puritaine - des dialogues intéressants, des transitions et silences qui favorisent la réflexion... Un vrai plaisir!

Et j'ai finalement terminé le voyage avec "Tout pour être heureux", un film poignant, triste et réaliste sur le métier de l'intermittent du spectacle, la vie de couple ou plutôt "comment passer à coté de sa vie de couple et ne s'en apercevoir que lorsqu'il est trop tard!" Pour une fois, j'aurais aimé un happy ending mais non. Un film excellemment tourné qui m'a hantée jusqu'à ce que je puisse voir la fin à la maison. J'aurais presque voulu que l'avion reprenne son envol pour pouvoir le terminer sans souci. :-)


Ces nombreuses heures de cinématographie ne m'ont par contre pas permis de me reposer après cette semaine marathon à Atlanta. Enfin, je devrais plutôt dire à l'hôtel car d'Atlanta je n'ai pris que quelques photos depuis ma chambre et ne suis sortie qu'une seule fois pour aller dîner le premier soir.

Qu'ai-je fait de mes journées? J'ai préparé cet événement où se réunissaient quasiment 500 étudiants pendant trois jours. Avec la conférence a débuté ma série d'entretiens individuels avec les étudiants qui bien souvent étaient dans des situations difficiles. J'avoue que je suis contente d'avoir terminer ma formation depuis quelques mois et d'avoir pu mettre à profit certains de mes enseignements. Je lisais il y a peu que les étudiants aux U.S. souffrent de plus en plus de dépression et éprouvent beaucoup plus de difficultés psychologiques que les générations précédentes. Honnêtement, nul besoin de faire de longues recherches scientifiques. Je me suis entretenue avec 35 étudiants pendant trois jours et je dirais que 75% ont été diagnostiqués dépressif, souffrant de ADHD ou de bipolarité.

Cette dernière spécification continue de me laisser dubitative. En effet, beaucoup des étudiants diagnostiqués bipolaires expriment cette inconsistance entre ces moments de très positive énergie et ceux de niveaux beaucoup plus bas. Leurs résultats académiques en dépendent fortement malheureusement et se dégradent petit à petit. Je ne peux m'empêcher d'être perplexe néanmoins. Pour des étudiants qui vivent si loin de leur culture et de leurs familles, n'est-il pas normal de se sentir vraiment seul, isolé et parfois déprimés. Cela veut-il dire nécessairement qu'ils sont bipolaires et pourquoi leur indique-t-on la prise de médicaments sans même prendre le temps de comprendre leur désespoir et leurs doutes.

Tout le week-end, je n'ai fait que poser les mêmes questions: "qu'est-ce qui se passe? pourquoi as-tu de tels résultats?" et les réponses étaient toutes plus ou moins identiques "Je ne sais pas, je n'y arrive plus, j'avais l'habitude d'avoir d'excellentes notes et je suis devenu un bon à rien, je n'arrive plus à me lever." Ils n'arrêtent pas de ruminer, de se comparer aux autres qui selon eux réussissent si bien, mentent à leurs parents ou se replient dans leur caverne sans oser avouer à qui que ce soit qu'ils ont des difficultés, ils ne crient pas à l'aide, certains - même si peu nombreux - s'envolent vers un espace de liberté et célèbrent leur jeunesse un peu trop largement. Mais lorsqu'on les invite à regarder un peu plus ouvertement ce qu'ils ressentent, à analyser les différents schémas qu'ils reproduisent et qu'on leur propose un plan d'actions concret pour remédier à cet état dans les prochaines semaines, leurs yeux recommencent à s'illuminer d'une lueur d'espoir. Bien sûr, il est trop tôt pour crier victoire mais un petit pas a été fait dans la bonne direction.

Une question semblait rendre muets tous les étudiants "et pourquoi tu étudies ce programme, que veux-tu faire après avoir obtenu ce diplôme?" et m'a ramenée plusieurs années en arrière. Comme les étudiants d'école d'ingénieurs françaises, ces étudiants saoudiens ont étudié dur pour pouvoir obtenir notre bourse et sortir de KSA, ils ont poursuivi leurs efforts pendant l'année de préparation à l'université pour accéder à la meilleure université de leur choix mais... malheureusement une fois acceptés, ils ne savent plus vraiment pourquoi ils sont arrivés à ce niveau et se lever le matin devient un véritable calvaire. Il semble qu'un premier choc puisse se produire en Freshman year et pour ceux qui en ont été exemptés, il arrive en Junior Year, année où l'étudiant commence à réellement étudier les cours importants de sa carrière et à voir ses années étudiants se terminer...

Tant de choses gravitent dans mon esprit pour les aider mais la structure actuelle ne laisse que très peu de champ libre malheureusement...

samedi 8 octobre 2016

La importancia de la feminidad...

Hoy fui a un taller en Jeddah. El tema era "un tiempo para ti, como mejorar tu bienestar". Iba mas para ver como lo iban a organizar que por el tema en si mismo, debo admitir.

Fuimos solamente dos "clientes", y al final era sobre "amarse a si misma". Desde el inicio no me gusto el estilo de la persona que lo lideraba pero tuve muy buena empatía con la otra persona. Tenia tantas ideas de como hacer este tipo de taller mientras la líder hablaba que hasta me pregunte porque una persona no dude en ella para iniciar tal actividad cuando yo me pongo tantos obstáculos y lo dudo tanto... Pero bueno eso es otro tema que reflexionar!

Lo que quiero compartir es la situación de la otra mujer, me impacto mucho. Al final terminamos escuchándola y aconsejándola mas que hablar del tema. Aunque termine analizando que su problema era realmente de amarse a si misma sin siempre esperar la aprobación de su esposo. Ella perdió hace 7 anos un bebe a los dos meses y con la manera de este país de manejar la muerte, no pudo realmente hacer el duelo como lo hubiera querido y paro de llorar desde este instante. Como estaba haciendo su doctorado en esa epoca en Inglaterra, ella y su esposo vivieron este periodo difícil separados. Ella logro terminar su doctorado y volver a la vida con muchas dificultades pero desde que defendió su tesis su esposo no quiere tener sexo con ella mas y le dijo que no la desea mas. Hasta le pidió poder casarse con otra mujer, tener segunda esposa para que su deseo vuelva.... Tuve mi análisis de la situación pero lo que me impacto es lo siguiente:

En nuestra sociedad, muchas veces escuchamos estos problemas de sexo de pareja y de estos tiempos largos donde no logran tener sexo y eso generalmente desespera o pone dudas en el cerebro de la mujer. Pero en esta sociedad donde ya es tan difícil conservar su feminidad, lo veo aun mas complicado. En nuestra sociedad, por lo menos puedes vestirte linda en la calle y sentir las miradas que te hacen sentir femenina o puedes expresarla cuando quieras. Pero aquí, no tienes esta oportunidad y si tu esposo no respeta este aspecto y te hace sentir menos deseable, es una pelea muy fuerte para que tu auto-estima no baje. Allí si tienes que amarte muy profundamente para no caer. Cuando le dije que era muy bella mujer, me dijo "A veces pienso que es una mentira. Puedes imaginar que el único hombre que me puede mirar y del cual busco la aprobación en este sentido, no me desee mas". Que duro eso, no?

Al final, reverse un poco el taller y fue como si hubiera sido liderándolo. Hubiera debido hacerlo mas suavemente creo, espero no haber herido a la organizadora pero por lo menos la otra señora parecía sentirse mejor al salir del ejercicio y me dijo que unas cosas que le dije habían resonado en ella.

Hay tantas cosas que afectan a las mujeres aquí y no son las que se ven mas abiertamente que les hacen sufrir mas.

vendredi 24 juin 2016

Retour aux sources

Les années ont passé et je reste impactée par le sujet. Les compétences interculturelles et comment s'adapter à une nouvelle culture reste mon sujet de prédilection, il semble. Même si l'intelligence émotionnelle est venue s'insérer dans cette réflexion, rien ne me fait plus vibrer que d'assister à un débat ou différentes cultures s'expriment sur leur adaptation dans leur nouveau pays.

C'est cette formidable expérience que j'ai pu vivre dimanche dernier dans la superbe maison du non moins célèbre architecte Sami Angawi (cf. un de mes posts précédents qui rendait compte de ma première visite dans cette magnifique maison). Nous avons eu le privilège de sa présence un court instant. Cette brève apparition m'a permis de confirmer la grandeur de cet homme. C’est non seulement un architecte et philosophe reconnu dans le monde entier mais sa simple prestance vous illumine d'un seul rayon et il vous irradie instantanément de sa sagesse et sérénité. Un phénomène inexplicable que je n'ai connu qu'en très rares occasions. Les dernières personnes qui m'ont fait cet effet étaient Bill Clinton et Margareth Mitchell. La comparaison aujourd'hui me parait peu appropriée tellement il me semble au-delà de ces deux personnages publics.

L'évènement était ouvert et gratuit à tout public. Une vingtaine de nationalités étaient présentes et incluaient l’Estonie, l’Ethiopie, la France, l’Italie, le Pakistan et les Etats-Unis sans oublier l’Arabie Saoudite. Vous imaginerez les débats que cette diversité a générés. Certaines femmes américaines vivaient en Arabie depuis presque 40 ans, leur vision était très intéressante. Musulmanes toutes les deux, elles ont apporté une vision bien différente de ce pays. L’une d’entre elles comparait la vie qu’elle avait eue aux Etats-Unis en tant que musulmane, le racisme et les pressions négatives qu’elle avait reçues alors qu’elle ne demandait qu’à exercer sa foi en paix. Arrivée en Arabie Saoudite, elle reconnaissait qu’elle s’était sentie plus libre et respectée que dans son pays d’origine. Une autre vieille dame reconnaissait et dénonçait les abus des femmes encore existants dans certaines familles et la non réponse des autorités dans de telles situations mais admettait qu’elle préférait largement vivre en Arabie Saoudite qu’aux Etats-Unis. Au cours de toutes ces années, elle avait pu vivre trois révolutions qui avaient largement contribué au développement du pays : l’apparition du câble, du téléphone et Internet. Au vu de l’évolution du pays à travers ces transitions, elle exprimait sa confiance en un avenir positif.

Curieusement, la personne la moins optimiste de toute la salle était une Saudi dont les parents étaient d’origine anglaise et italienne. Elle souffrait non seulement des mêmes maux que nous expatriées (inhibition de notre féminité, perte d’indépendance et impossibilité de conduire) mais aussi de la victimisation de ses enfants en terme de harcèlement car leur mère ne suit pas les protocoles locaux et ne se couvre pas. Je crois qu’elle souffre plus pour cette deuxième situation que pour la première. Je lui faisais d’ailleurs remarquer (me référant a ma propre expérience) qu’être trop indépendante comportait aussi ses travers.

Le thème de l’imposition culturelle par une minorité est également apparue à l’issu du débat. Conservateurs et libéraux se sont affrontés verbalement l’espace d’un instant pour ensuite retomber diplomatiquement et laisser place à l’éternel débat de donner la possibilité des femmes conduire dans le pays. Un thème récurrent des femmes dans ces instances qui génèrent des soulèvements de sourcils de la part des hommes, façon « encore ! ».  

Lors d’une discussion sur cette soirée avec un de mes étudiants, j’ai eu la possibilité d’écouter le prince s’exprimer sur ce sujet. Dans son discours, il déclarait que le problème ne provenait pas tant de la famille royale que de la société elle-même. Le film « Wadjda » de Haifaa Al-Mansour le décrit subtilement mais parfaitement. Dans ce même discours, il faisait une analogie très pertinente : les Etats-Unis ont été créés en 17794, combien d’années leur a-t-il fallu pour abolir l’esclavage, donner le droit de vote aux femmes… ? KSA est né il y a 100 ans, certes les problèmes existent et de nombreux faits restent inadmissibles aux yeux des occidentaux mais le parcours réalisé en si peu d’années laisse penseur également. Cette transformation risque de s’accélérer encore lorsque certains (et j’espère un important groupe de mes étudiants) des 400 000 étudiants saoudiens, qui se trouvent actuellement aux Etats-Unis grâce aux bourses offertes par feu le roi, rentreront au pays.

Mes nombreuses conversations avec les étudiants montrent leur dévouement à cette cause et leur volonté de contribuer au changement. Mes esprits révolutionnaires toujours bien présents, je dois avouer que je les incite fortement à la création d’entreprise et les supporte dans cette voie. J

Prochaine excursion culturelle : exposition photo sur le voyage à Makkah en 1905 et une exposition artistique locale. Qui aurait cru que je pourrais trouver autant de vie culturelle dans ce désert ?

 

mardi 10 mai 2016

Quand la vie m'offre ses leçons sur un plateau...

Je ne peux m'empêcher d'écrire ce soir, incapable de me concentrer sur le sujet qui devrait pourtant m'occuper depuis des semaines : comment améliorer son optimisme. Pourquoi, me direz-vous, suis-je sensée explorer cette question? Pour résumer une longue histoire, c'est le sujet que je me suis vue attribué pour ma prochaine formation à Dubai et être certifiée Coach en intelligence émotionnelle (ou EQ Coach). 

Malgré les nombreuses années d'apprentissage et tous les efforts que j'ai pu faire pour apprendre plus théoriquement et moins empiriquement, il semble que la vie elle-même me rappelle que rien ne rentre dans mon cerveau si je ne suis pas soit sous pression ou que je vive les faits eux-mêmes pour les intégrer et comprendre complètement. 

L'optimisme donc.. Curieux sort que d'être choisie pour ce thème si étroitement lié à mon développement personnel. Ma terre d'origine est loin d'être reconnue pour sa culture optimiste, je la remercierais plutôt de m'avoir transmis un fort esprit critique, la possibilité d'argumenter et mon goût pour la culture. Mais... tous ces atouts sont aussi teintés d'une couleur un peu plus sombre: le pessimisme. Avez-vous déjà remarqué que pour signifier quelque chose de positif, la langue française utilise la négation. "C'est bien"... Non.... ce serait beaucoup trop beau! "c'est pas mal" est beaucoup plus engageant. 

Sans même comprendre ce qui m'arrivait, je me suis vue peu à peu transformée pendant mes quatre années en Colombie, le pays où les gens les plus pauvres observent la vie avec un sourire et un espoir d'un avenir meilleur qui font face aux pires obstacles. Bien sûr, cet optimisme à toute épreuve a ses limites mais saupoudrer mon esprit franco-critique d'un peu de positif m'a fait le plus grand bien ! J'ajouterais même qu'heureusement que j'ai pu bénéficier de ce moulage avant de m'embarquer pour cette nouvelle aventure dans le désert. Mon expérience saoudienne aurait pu tourner au vinaigre balsamique sans ce petit passage préalable au pays du printemps éternel. Mon travail quotidien est d'appliquer les enseignements colombiens et d'améliorer mes compétences dans ce domaine pour atteindre plus facilement ma prochaine oasis. 

Le week-end dernier, j'ai eu l'opportunité de coacher une personne pourvue d'un optimisme très, voire trop, développé et de constater les effets néfastes que cela pouvait aussi engendrer chez cette même personne. Remarque quelque peu naïve me direz-vous mais qui saura alimenter mon petit exposé la semaine prochaine. 

Mais la leçon la plus importante m'est arrivée sur un plateau cet après-midi en la personne d'Hajar. Une visite inattendue qui a illuminé ma journée. Je l'avais rencontrée l'été dernier, nos premières conversations avaient été plutôt tendues puisque je devais lui annoncer qu'elle ne pourrait participer au projet de recherche qu'elle avait en tête. Je ne peux jamais résister à quelqu'un qui sait argumenter avec raison et qui malgré le ton insistant reste correct dans ses propos. Elle avait eu gain de cause et je lui avais trouvé un logement sur le campus. Mais l'histoire s'est compliquée lorsque les autres étudiantes qui devaient partager son appartement m'ont informée des chamailleries qui duraient depuis un an et que cette jeune demoiselle ne s'était pas nécessairement comportée au mieux. Sans prendre parti, j'ai essayé de converser avec Hajar. Je dois avouer que je suis restée quelque peu frustrée de n'avoir atteint les résultats escomptés. Au milieu de l'été, la triste nouvelle est tombée: des cellules cancéreuses ont été trouvées dans son corps. Elle restait néanmoins toujours aussi inaccessible. Même si le contact restait cordial, aucune avancée ne s'annonçait. Je dois reconnaître que j'ai même pensé que si son comportement ne changeait pas, elle aurait du mal à sortir indemne de cette difficile période. Je ne pensais pas avoir pensé à voix haute...   

En accord avec ses parents, elle a décidé de retourner aux U.S. et d'avoir un avis supplémentaire sur son diagnostique. Malheureusement, celui-ci fut très rapidement confirmé et Hajar a demandé à pouvoir rentrer en KSA et se retirer du programme. Curieusement, même si je ne suis plus supposée m'en soucier, l'envie de la contacter m'a taraudée toute l'année. Je n'en n'ai rien fait mais son nom restait ancré dans mon petit cerveau. Fort heureusement, mes collègues ont fait appel à elle aujourd'hui et nos chemins se sont croisés au détour d'une réunion officielle. 

A ma plus grande surprise, son regard envers moi s'est tout de suite illuminé et nous nous sommes immédiatement étreintes. Ce changement d'attitude m'a bien évidemment surprise mais l'histoire et le discours qu'elle m'a tenus sont encore plus puissants à mes yeux.

Elle remercie la vie pour ce qui lui est arrivé, elle considère cette triste nouvelle comme une excellente opportunité de se recentrer sur ce qu'elle voulait réellement étudier et qu'elle avait perdu de vue lorsqu'elle avait découvert la recherche sur notre campus: la médecine. En rentrant en KSA, les médecins ont avoué leur incapacité à comprendre ou traiter sa maladie et lui ont recommandé un docteur à Los Angeles (ironie du sort puisqu’elle étudiait à San Diego). Elle voyage donc tous les trois mois aux U.S. pour se faire soigner et s'assurer de la bonne évolution de la maladie. Elle profite pleinement du soutien de ses parents qui ont grandement apprécié son retour en KSA et l'ont gratifiée d'un jacuzzi dans sa chambre (oui, il fallait bien un petit détail saoudien quand même). Elle s'est inscrite dans une université relativement multiculturelle à Riyadh et parle avec passion de ses études, ses projets de se spécialiser en chirurgie et de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis tout en servant et en découvrant son pays.

Humble, souriante, respirant la joie de vivre, je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle entre nos deux rencontres et de la féliciter pour cette impressionnante évolution. Alors que je la complimentais, elle m'a remerciée pour mon attention de l'année dernière et m'a présenté ses excuses pour son attitude.

Nous avons fini par découvrir notre goût commun pour les treks et qui sait nous nous retrouverons peut-être sur l'un d'entre eux puisque nous sommes abonnées aux mêmes newsgroups! 

Mais en attendant je garde à l'esprit que même dans les pires moments, il est important de regarder les épreuves avec un œil positif et de ne pas perdre son esprit de résilience de vue. La vie finit toujours par vous récompenser à moyen terme.       

vendredi 29 avril 2016

En route pour le Whabah Crater...

Je ne voulais pas y aller, j'avais trop de choses en retard avec ma formation et la route me paraissait longue... L'idée de passer la nuit à la belle étoile m'enchantait mais les effets néfastes pour le reste de la semaine risquaient de générer des difficultés supplémentaires dans ma routine quotidienne déjà suffisamment compliquée.  

Mais voilà, K. avait décidé qu'il me ferait entendre raison : apparemment ma participation était requise pour que le voyage ait un sens. A. n'ayant absolument aucune envie de passer une nuit sans commodité, l'agenda touristique a été rapidement transformé. Nous ferions la route dans une seule journée et pour éviter la chaleur, nous nous lèverons à 4 heures du matin. Great... Quelle joie!

Bien évidemment, comme je ne fais jamais les choses comme il le faudrait, j'avais un dîner intelligence émotionnelle le jeudi soir. La nuit fut courte et je me suis réellement demandé pourquoi je me levais si tôt pour voir un volcan en KSA. 

Un volcan en KSA, cela aurait quand même dû me mettre la puce à l'oreille... Ce n'est pas commun. Il y en a deux près de chez nous : le Whabah crater et le White and Black Volcano. Le deuxième est encore plus impressionnant il paraît, mais mon petit doigt me dit que j'aurai probablement peu de chances de le voir. La saison devient très chaude et les voyages dans le désert vont se limiter malheureusement, entre autres...

Le paysage initial, une autoroute rectiligne avec de chaque côté un désert de rocs toutes plus sèches les unes que les autres, nous a très vite propulsées dans un sommeil profond. Mais quelques heures plus tard, nous avons remercié la pluie des jours précédents, elle nous a offert un paysage époustouflant aux aurores. Peu de personnes peuvent se vanter d'avoir eu cette chance, je pense.
L'arrivée au volcan fut quelque peu surprenante car jusqu'à la dernière minute, il nous semblait que ce volcan n'était qu'une simple invention de l'esprit. Le paysage paraissait identique et des plus plats de tous les côtés.

Finalement, il est apparu au bout d'une très belle route. Certains bons hommes avaient déjà pris position des cabanes pour faire leur barbecue et probablement prier (bon, j'extrapole ici, après tout on était vendredi, ils auraient dû en effet être dans cette optique. Mais les voix de ces bons petits hommes sont impénétrables, nous avons donc pris grand soin de ne pas nous approcher trop lourdement de leurs véhicules. D'autant que,  nous, petites femmes en particulier n'avions aucune envie de devoir gérer la randonnée qui nous attendait en Abaya!


La descente, et dieu sait que j'aime les descentes, s'est effectuée beaucoup plus simplement que prévue. J'ai pu vérifier une fois de plus que les chaussures de randonnée servent réellement leur objectif. Même si, comme à mon habitude, j'ai terminé les pieds complètement ankylosés. Il est temps que je retrouve un bon orthopédiste.  Mais je m'éloigne encore une fois de mon sujet. Se retrouver au centre du cratère, devant cette immensité et observant le sol parsemé de copeaux de sels (?) a totalement dissipé les doutes du réveil douloureux.

Une petit merveille de paysage comme on en voit rarement et surtout jamais avec si peu de touristes. Jugez par vous-mêmes :-)

vendredi 8 avril 2016

Why do you care?

Cette question continue de résonner dans ma petite tête...

C'est vrai, pourquoi est-ce que je m'en fais d'être arrivée 14 fois en retard ce mois-ci? Enfin, quand je dis "retard", dans certaines cultures arriver à 8.15 au lieu de 8.05 relève de la ponctualité!

Non, ce n'est pas tant le fait d'avoir été gentiment rappelée à l'ordre sur ce sujet qui m'embête. Je pensais bien qu'un jour ou l'autre cela finirait par m'arriver. Mais c'est plutôt le fait que :
- je sois interpelée par un autre manager que le mien et que par ce biais j'apprenne sympathiquement que mon manager ne rentre que la semaine suivante. Donc expliquez-moi bien... Je me fais engueuler parce que j'arrive 10 minutes en retard la moitié du temps (mais au passage je pars au moins 30 min plus tard le soir quand ce n'est pas deux heures car je bosse avec les U.S. et leur journée commence quand la mienne se termine); mais mon chef a la puissance de ne pas m'informer de son retour au boulot le jour convenu et de retarder tous mes dossiers urgents d'une semaine. Oui, that makes sense!

- finalement mon chef est revenu deux jours plus tôt... Bien sûr, là encore je l'apprends par l'autre manager. C'est tellement plus simple la communication radio-corbeaux que les informations par e-mails ou textes interposés. Après tout ces technologies elles ne font que vous empoisonner la vie! - lorsque je me réunis enfin avec lui, aucune mention n'est faite de mes retards. La technique de l'autruche et de son trou fonctionne plutôt bien dans le désert :-)

Mon souci également c'est que mon cerveau semble vouloir se rebeller contre toute forme d'obligation. Je n'ai aucun problème pour arriver à l'heure à tout autre réunion ou lorsque j'ai quelque chose d'important prévu le matin. Mais mon petit tempérament français semble considérer que cette règle est absurde et par conséquent tout mon organisme refuse de s'y conformer. J'ai eu beau essayer de ne pas chatter avec la Colombie au petit matin, m'organiser pour me lever un peu plus tôt, ma sortie de la maison reste fixer à la même heure.
Que puis-je y faire? Ce n'est pas moi, c'est mon corps qui décide. Humm, je doute que cet argument soit très convaincant devant le jury final. :-)

Why do I care?
Pour ces pauvres philippins sur le campus?
Parce que nous avons une société à deux vitesses ici et que beaucoup semblent préférer fermer les yeux. Ils sont tellement gentils, se rappellent de votre nom et de vos habitudes mieux que vous. Ils ont une voix si douce et sont constamment à votre service que ce soit pour le ménage, les réceptions téléphoniques ou dans les gymnases pour nous aider à améliorer notre technique de natation, d'escalade... Et pourtant, dieu seul sait pourquoi mais certaines personnes ne daignent même pas leur adresser la parole gentiment.

Ils vivent dans des bungalows à l'extérieur de notre campus (dans quelles conditions?), travaillent douze heures par jour, une journée de repos par semaine et deux semaines de vacances tous les deux ans. Ils gagnent un salaire de misère et malgré tout ils envoient tout ce qu'ils réussissent à économiser à leur famille au pays. Ils se considèrent heureux d'avoir ce travail et cette vie relativement facile.

Comme si la vie n'était pas assez difficile pour eux, ils vivent actuellement un changement d'entreprise et sont voués à rester dans l'incertitude sur leur devenir pendant deux mois. Vous ne pouvez imaginer leur état et la tristesse qui se lit sur chacun de leurs visage. Je comprends que les rachats d'entreprise ont lieu partout et que la notion de changement ne plaît jamais à personne mais sur un si petit campus, pour des gens qui vivent déjà dans des conditions désastreuses, ne pourrait-on pas abréger un peu la peine?

C'était mon coup de gueule de la semaine ! A voir si Ratatouin réussit à débloquer cette situation...

mercredi 16 mars 2016

Jeddah, c'est aussi une magnifique architecture!

Dr. Sami Angawi, architecte et historien saoudien renommé internationalement, a souhaité, avec sa famille, célébré et perpétué la beauté du patrimoine local en construisant leur maison, il y a 20 ans dans le plus pur respect de la tradition.

Dans un quartier hautement résidentiel, ils ont investi 10 ans de leur vie dans cette magnifique mansion, aux portes divinement ornées et vieilles de 200 ans, aux lustres et lumières naturelles exceptionnellement bien placés pour que vos yeux puissent sereinement observer chaque détail si parfaitement pensé tant dans la décoration, l'atmosphère ambiant, les plantes que l'organisation spatiale.

Un véritable musée, doté d'une âme réelle, douce et accueillante, puisque toute la famille habite cette maison dont les portes s'ouvrent régulièrement. Le but ultime? Bien sûr derrière l'aspect philanthropique, l'architecte aimerait bien pouvoir construire d'autres dizaines de maison identiques (il faut compter environ 3 ans dans ce cas pour voir son rêve devenir réalité) mais j'ai eu la sensation que ce qui les anime réellement reste l'amour de la beauté, du design et l'incitation à créer et conserver le patrimoine local.

Madame Angawi semble avoir une personnalité ouverte, chaleureuse et toujours prête à partager ses idées et son enthousiasme. Cette famille semble une nouvelle fois confirmer que la réalité KSA est bien éloignée des stéréotypes que les journaux veulent bien montrer.
Leur fils expose actuellement ses travaux sur le bois dans Al Balad. J'espère aller découvrir son art très bientôt!

En attendant, ce week-end c'est festival des fleurs à Yanbu! Il faut croire que ma tristesse à l'idée de ne pouvoir participer à la Feria de las Flores a été entendue; je vais même pouvoir compenser cette lacune en KSA. Tout peut arriver, à qui sait patienter! :-)


mardi 23 février 2016

Voyage to the Edge of the world...



On m'avait dit "Riyadh ne vaut pas la peine", "c'est super conservateur, qu'est-ce que tu veux aller faire là-bas?"... Nombreux étaient les arguments pour me dérouter de ce fabuleux week-end!  Mais Janadriyah était là pour faire taire toutes ces mauvaises langues. Il faut dire que certaines personnes rechignent à la simple idée de visiter KSA... Alors, Riyadh... n'y pensez pas! 

Il est vrai que les femmes sont plus voilées qu'à Jeddah mais la ville en elle-même m'a semblé plus saine, propre et organisée. L'air est par contre beaucoup plus sec, au plus grand désarroi de mon nez. Mais globalement les gens ont été charmants avec nous, nous aidant et nous prenant en photos toutes les 5 minutes. Je dois être plutôt bien représentée désormais sur instagram à mon avis, même si je pense que la plupart des photos me paraîtraient relativement similaires puisqu'il m'est encore difficile de reconnaître une jeune femme d'une autre aux simples détails de ses yeux. 



Nous avons débuté la journée par une petite visite du lieu de naissance de la ville: Diriyah. Un petit air de campagne aux abords de la ville avec restaurants, jardins et ambiance de vacances. Petite halte précieuse, hautement recommandée mais conseillée le vendredi car il semble que ce soit le lieu de villégiature du samedi des familles de Riyadh.


Nous avons ensuite pris la direction du festival Janadriyah. Un festival annuel où toutes les régions saoudiennes sont représentées avec leur architecture en grandeur nature, leur gastronomie et leur danse. Cette dernière partie a une nouvelle fois renforcé l'idée que les danses sont plus ou moins les mêmes un peu partout dans le pays à l'exception de la région Mekkah (Jeddah, Taif et Mekkah) qui est un peu plus sophistiquée. Mais dans tous les cas, domaine réservé aux hommes uniquement.

Petit détail sympathique: lorsque nous avons souhaité nous installer pour regarder les spectacles dansants, il nous a gentiment été indiqué de quitter nos amitiés masculines et de nous installer dans la partie réservée aux femmes. Jusque là rien d'anormal, nous sommes habituées aux règles et les respectons. Ce qui par contre nous a semblé beaucoup plus dur, surtout pour toutes les saoudiennes portant la niqab, c'est que les tribunes femmes étaient en plein soleil alors que les hommes bénéficiaient gracieusement de l'ombre!!


Au moins, nous avons eu l'opportunité de voir ce à quoi Medinah ressemble! A défaut de pouvoir y aller en personne, nous avons visité le stand le plus réputé du festival autant pour son décor que pour sa gastronomie! Gastronomie que nous avons pleinement dégustée en suivant les savants conseils de Meshari, un ami Saoudien qui avait étudié en Suède, où il avait connu une collègue colombienne, qui nous a donc présentés virtuellement. Le monde est petit! Je l'ai enfin rencontré physiquement pour la première fois à Riyadh après avoir échangé virtuellement pendant un an. Les amitiés du 21 siècle!


Bêtement, je pensais qu'en allant dans la région Mekkah j'aurais la chance de sentir ne serait-ce qu'un millième de ce qu'un musulman peut vivre en foulant le sol de cette ville sainte. Douce rêverie, la région Mekkah était en fait représentée - et fort bien au demeurant - par ses villes principales: Jeddah, Taif et Mekkah (sans son aspect religieux).

 

Après cette longue première journée, je pense que chacun d'entre nous avait désormais une meilleure idée de toute la richesse culturelle dont regorge KSA et de la gentillesse des Saoudiens. 
Petite anecdote intéressante, le pays d'honneur était l'Allemagne. Notre ami Teemu ne rêvait que de bières et saucisses en entrant sur le pavillon. Qu'avons-nous trouvé? Une artillerie lourde sécuritaire digne d'un aéroport américain (pour entrer sur leur pavillon??? Qu'est-ce qu'ils craignaient exactement?) et une présentation sans faille de la technologie allemande, sa recherche et sa volonté de s'impliquer plus amplement en KSA (sans oublier de signer de juteux contrats s'il vous plaît au préalable).
 
 
 
Des images pleins les yeux, nous avons repris le chemin de l'hôtel pour nous réveiller au petit matin et prendre la route pour The Edge of the World. Les mots ne suffiraient pas pour décrire parfaitement la sensation de bien-être qui m'envahit chaque fois que je m'isole de la civilisation et m'enfonce dans ce désert (be it KSA maintenant ou Mauritanie, Maroc ou Tunisie dans le passé). Je ne savais qu'espérer en m'y rendant. 

Le trajet a commencé par une superbe mise à bas d'une chamelle. Nous avons non seulement assisté à la naissance du petit en direct mais également à ses premiers pas sur notre route du retour. A once in a lifetime coincidence! 

Je vous laisse imaginer, à travers ces photos, la difficulté que nous avons eue à reprendre la direction de l'aéroport.
Heureusement, ce week-end nouveau périple en prévision, cette fois pour the Empty Quarter! Un autre coin magnifique du désert avec deux nuits à la belle étoile. :-) Can't wait!  
The edge of the world

mercredi 17 février 2016

Escalade...

Une nouvelle activité que j'ai découverte hier et qui m'a enchantée. Oui, je sais, encore un nouveau hobby, que voulez-vous à défaut d'autre chose il faut bien profiter des ressources à disposition. Et lorsque je fais les comptes, que je regarde de plus près, les opportunités d'être heureuse ne manquent pas. Certes, tout n'est pas au beau fixe mais lorsque je me concentre sur le positif, il y a tant de choses à apprendre et à apprivoiser. 

Mais je m'éloigne... Outre le fait que j'ai réussi à franchir les limites les plus proches du plafond en ce premier essai - enfin jusqu'à la carotte - grâce à mon cher et dur professeur, escalade représente plutôt toutes ces émotions ressenties pendant mon séjour à Dubaï la semaine dernière.    

Tout commençait sur les chapeaux de roue, le mercredi, foulant enfin le sol des UAE, j'ai une nouvelle fois sentie la soupape s'ouvrir et la pression s'échapper. Tout à coup, ma féminité a souhaité s'exprimer et révélé ses dessous cachés. Nulle ne se doute de ce qui lui arrive jusqu'à ce que les portes s'ouvrent et que la lumière fuse. Première étape : trouver LE coiffeur. Sur les conseils de Sarah, ex-étudiante de l'INT, je me suis retrouvée chez LE coiffeur français, repère évident de toutes les expates de ma charmante patrie. Je dois avouer que le traitement, la couleur et la coupe, tout en étant prise en charge par une philippine, a donné de plus jolis résultats que ma coiffeuse locale. Ma conclusion: je peux déménager à Dubai, j'ai trouvé LE coiffeur! Ah mince, je n'ai pas de boulot là-bas... Qui a dit que je devais travailler? Let's just look for a nice cheikh. Bon ok, il est bon de rêver mais avec les pieds sur terre! Néanmoins, l'idée fait son bonhomme de chemin... L'avenir le dira !

Après une magnifique promenade sur Dubai Marina, et un petit arrêt par la case "Mall-Bookshop" - ce n'est pas ma faute c'est l'anniversaire de mon petit neveu bientôt - je suis rentrée dans mon petit hôtel "Sheraton". Oui, madame commence à avoir des goûts de luxe, que voulez-vous ! Même si j'ai de loin préféré mon choix du mois de novembre, ce petit hôtel m'a gentiment upgradée de chambre.  


Jeudi annonçait le début des festivités : lever aux aurores pour découvrir mes nouveaux compagnons de voyage pour les prochains 4 mois, voire pour la vie. Les interactions initialement feutrées se sont rapidement transformées en conversations intimes grâce aux nombreuses activités coach-coachee développées tout au long de ces longues journées de travail. 9-17h qui me paraissent une éternité derrière mon ordinateur se sont évaporées en l'espace d'une seconde. 

Pendant ces quatre jours et les leçons de vie n'ont cessé de se succéder.


La première importante est arrivée jeudi soir lors de mon dîner amical avec Sarah (pour cuex qui suivent, mon ex-étudiante cf. plus haut). Je ne l'avais pas revu depuis plus de sept ans , date à laquelle j'ai quitté Evry. J'avais quitté une jeune fille dynamique, pleine de rêves et d'espoir à l'aube de partir en échange aux Etats-Unis. J'ai retrouvé une jeune femme enjouée, mariée, qui a su tirer les meilleurs leçons des difficiles moments que la vie lui a malheureusement réservé. Elle construit désormais sa vie à Dubai, dans le marketing, et je suis certaine que l'avenir lui sourira. Le plus émouvant reste le souvenir de la conversation qui a scellé cette relation amicale et au cours de laquelle j'ai apparemment prononcé des mots qui sont restés gravés dans son cerveau et l'ont aidée à progresser dans la vie. Magnifique cadeau, merci Sarah !

Les jours suivants ont enchaîné fous rires, larmes et frustration mais les conversations d'une soirée entière avec Solafa, les regards et attentions chargés d'émotion entre chacune d'entre nous ont noué des liens qui, heureusement, se poursuivront tout au long des quatre prochains mois. Le programme est chargé: cours en ligne tous les mardis, devoirs à faire, heures de coaching à faire, mentoring... Mais curieusement les lectures recommandées, les enseignements et autres tips donnés rentrent comme une lettre à la poste dans mon cerveau. 
Je suppose que comme le présage le dicton "Quand on aime, on ne compte pas!" 

Mes prochains week-ends inhibent quelque peu mes progrès en terme d'apprentissage individuel mais n'entament en rien ma motivation :-)
Et pour finir, quelques photos de Jumeirah Beach dont j'ai quand même réussi à fouler le sable frais tous les matins avant le début de la formation. 

Toujours chercher le côté positif des choses. Même en formation, il fallait garder un petit goût de vacances !