Affichage des articles dont le libellé est Culturel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Culturel. Afficher tous les articles

samedi 26 août 2017

Connecting with trust!

C'était le thème de mon troisième EQ Café la semaine dernière. Avant que ces émotions ne s'effacent, surpassées par celles qui m'envahissent ces derniers jours alors que je finalise mes valises et fais mes "au-revoir" à tous mes étudiants, je tenais à relater cette expérience unique et totalement gratifiante.

Mon amie Shams, coach Yemeni-saudi est récemment devenue EQ Network Leader comme moi. Elle avait souhaité assister à mon deuxième EQ café le mois dernier pour avoir une meilleure idée de ce qu'elle pouvait développer et sans réfléchir je lui ai
proposé ce jour-là d'organiser le prochaine EQ Café ensemble. Le thème étant connecter en pleine confiance, je me suis dit sans réfléchir encore une fois "mettons la barre un peu plus haute et testons la notion de confiance entre des personnes de différentes cultures, langages et genres. J'étais toute animée à cette idée jusqu'à ce que qu'arrive le week-end en question.

J'ai été surprise de voir que des gens du campus, étudiants et personnels de support, étaient prêts à se déplacer jusqu'à Jeddah pour profiter de cet atelier. Sur le ton de la plaisanterie, H m'a gentiment fait remarquer qu'il venait pour voir ma tête lorsque la police religieuse ferait irruption vu que nous avions annoncé clairement que c'était un événement mixte.

25 personnes s'étaient enregistrées et 26 sont venues, bien sûr la majorité des enregistrées ne sont pas venues et fort heureusement ont été remplacées par celles qui ne s'étaient pas inscrites.

Shams m'avait gentiment proposé de venir dormir chez elle pour que l'on puisse préparer la présentation ensemble la veille. Dans tout autre pays, une telle invitation resterait anodine mais dans ce cas mon cerveau bouillonnait à l'idée de passer la nuit à Jeddah dans un environnement Saudi. Allais-je devoir me couvrir tout le week-end, comment devais-je me comporter face au mari, y avait-il d'autres hommes dans la maison... Bref, j'ai fait appel à mes étudiants plusieurs fois pendant la semaine pour avoir différentes opinions et toutes m'ont aidée à me relaxer vu que Shams ne m'aurait pas invitée si elle n'était pas certaine que son mari l'accepterait ou que cela ne me mettrait pas en difficultés. Et en effet, tout s'est passé sereinement sans pression aucune, pas d'abaya ni de moments inconfortables avec la famille du tout. Une superbe week-end dans une famille très chaleureuse avec un petit déjeuner typique Saudi qui vous permet de jeuner tout le reste de la journée. :-)

Par contre, ce qui était plus difficile à vivre c'est que toute la maison est cloîtrée selon les standards saoudiens. Aucune fenêtre ne laisse passer le jour pour éviter que les gens ne puissent voir à l'intérieur depuis l'extérieur et surtout pour permettre à toutes femmes de se dévoiler lorsqu'elles se retrouvent à l'intérieur. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce n'est pas tant une tradition d'offrir des fleurs dans ce pays. Elles auraient tendance à mourir assez rapidement malheureusement. Fort heureusement, les nouveaux appartements sont construits avec des fenêtres désormais mais les maisons plus traditionnelles rendraient ma vie impossible! 

Nous nous sommes alors rendus à l'Inner Piece Center où l'atelier avait lieu. Tout dans cet espace respirait l'énergie douce et paisible. C'était comme si tout à coup en entrant, on oubliait que l'on était à Jeddah et que tous nos soucis s'évaporaient pour se concentrer sur le pourquoi de notre visite. C'est d'ailleurs un lieu de self-awareness and well-being habituellement avec de nombreux coachs. Et c'est vraiment le sentiment que nous avons eu pendant tout l'atelier. Les gens se sont peu à peu relâcher, même les plus conservateurs se sont ouverts à la discussion et les échanges sur les différentes activités ont été très profonds. De la jeune fille en Niqab qui n'avait probablement pas plus de 20 ans à la belle-soeur de Shams qui avait probablement 70 ans et ne parlait pas un mot d'anglais, toutes et tous ont participé gaiement et vivement. Sans pouvoir expliquer pourquoi, Shams et moi nous sommes senties extrêmement heureuses après cet atelier, avec l'impression d'avoir accompli quelque chose de positif.


Et comble de la surprise, un de mes collègues est arrivé le lendemain nous informant que sa belle-mère avait assisté à l'atelier - aucune idée de comment elle a reçu l'invitation - et n'avait pas arrêté de parler positivement de son expérience.


De beaux souvenirs à garder en mémoire pour mes prochains ateliers en France :-)










samedi 1 juillet 2017

De yoga et méditation au Sri Lanka

La fin du ramadan aidant, j'ai pu prendre quelques jours de congés, m'aventurer vers de nouvelles contrées et surtout me reposer... Je ne m'étais pas aperçue à quel point je pouvais être fatiguée jusqu'à ce que je dorme plus de 10 heures par nuit et m'endorme chaque fois que je me retrouvais seule plus de 2 minutes sur un fauteuil...

Une semaine avant Eid, le roi a décidé d'offrir une semaine additionnelle de vacances à ses employés. Et le jour où je partais, il décidait de changer d'héritier au trône et par la même occasion de prolonger Eid d'une semaine supplémentaire. Malheureusement, nous, "pauvres" employés du secteur privé ne bénéficions pas de cette grâce. Qu'à cela ne tienne, j'ai quand même pu profiter pleinement de quelques jours de relaxation à Ahangama.

J'avais choisi une retraite de yoga et méditation, histoire de revenir super zen. Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas pris un rythme très intense: juste une heure matin et soir de sorte que j'ai pu découvrir les alentours aisément pendant la journée. Cette période étant généralement propice aux pluies, le tourisme était au plus bas me laissant tout le loisir de profiter des plages et des différents temples en solitaire. Outre quelques averses de 10 minutes de temps en temps, le soleil était au rendez-vous 90% de la semaine. Seuls les moustiques qui ne perdent aucune occasion pour vous piquer sur le seul petit coin de peau non crémeux qu'il vous reste, et l'humidité ambiante qui vous fait ruisseler à grosses gouttes au moindre mouvement, vous rappellent que vous êtes en pleine saison des pluies. Mon hôte me disait qu'en haute saison il reçoit jusqu'à 14 personnes dans son hôtel. J'avoue que j'étais ravie d'être toute seule dans ces lieux pendant quelques jours. Au bout de trois jours, une autre pensionnaire bulgare est arrivée et déjà l'espace se réduisait :-)

Parmi les moments importants de ce voyage: Galle, petite ville hollandaise à 30 minutes environ de Ahangama qui ressemble à Saint-Malo version Sri Lanka: plus verte et avec une désorganisation certaine si chère à mon esprit. J'y suis allée en bus local. Un petit vent colombien a soufflé dans mes bronches lorsque je suis montée. Remplacez la vierge Marie par le Buddha, transformez l'espagnol par le sanscrit et vous avez la sensation de voyager ver le Choco sur la côte pacifique colombienne. Seule la couleur de la mer (car vous longez la côte) change fortement: l'océan indien est aussi turbulent que l'océan pacifique apparemment mais beaucoup plus vert bleuté et transparent. La ville est agrémentée de magnifiques petites galleries d'art et magasins exotiques très nocifs pour mon porte-monnaie. J'utilise toujours l'excuse que le fait de vivre dans un pays où je ne peux faire de shopping aisément m'incite d'autant plus à acheter lorsque je suis enfin "libre" mais aurait-ce été différent si j'étais venue directement de France...Pas si sûre !

J'ai pu visiter la région en vélo à plusieurs reprises (en me rappelant sans cesse de bien rouler à gauche pour m'éviter quelques frayeurs) et m'arrêter dans tous les temples que je croisais sur mon chemin. Certains moines m'ont fait don de leur bénédiction et expliqué quelques aspects de leur religion. Je dois avouer que le Bouddhisme m'interpelle plus que n'importe quelle autre religion. Même si comme le précisait l'un de mes profs de yoga, cette philosophie est parfois plus proche d'une science que d'une religion. Une petite boutique de l'aéroport m'a permis de me procurer quelques livres pour affiner un peu mes connaissances sur le sujet mais vu l'état de ma bibliothèque et le nombre de livres non lus qu'elle contient, je n'ai pas dit en quelle année cela se produirait !

Entre plantations de thés, rizières, plages magnifiques et désertes les tentations de se laisser aller au gré du vent n'ont pas manqué. Les Sri-Lankais m'ont paru vraiment très sympathiques et accueillants. Tous ne parlent pas vraiment anglais mais réussissent malgré tout à vous rendre service très agréablement. Les massages ayurvédiques ont été particulièrement appréciés ainsi que toutes les crèmes naturelles, si bon marché au Sri Lanka, que l'on trouve à chaque coin de rue et que l'on nous vend une fortune partout ailleurs... J'ai fait mon petit marché, "priant" pour qu'ils me laissent rentrer sans souci dans mon pays d'accueil. Heureusement, aucun problème à l'arrivée !

Comme les images parlent généralement plus que les mots, je vous laisse découvrir cette très belle région du Sri Lanka : https://goo.gl/photos/zC55n6kzQoA4tU6U9  

Je vais pour ma part essayer de continuer sur ma lancée zen et poursuivre ma pratique quotidienne du yoga, Inshallah !

samedi 10 juin 2017

Quand la vie vous offre quelques petites pauses bien agréables...

J'ai été relativement silencieuse ces derniers temps. Effet Ramadan peut-être ? Non pas vraiment, juste occupée à préparer mes petites affaires pour mon prochain retour en France. La date approche et il est important de s'activer avant que tout le monde ne parte en vacances. Heureusement, je bénéficie d'important soutiens qui me permettent d'avancer lentement (jamais aussi vite que je le souhaiterais) mais sûrement. Quelques petites choses se concrétisent peu à peu, c'est déjà encourageant !

Certes, l'effet Ramadan ne facilite pas les choses. Mes étudiants sont de retour sur le campus, ils allongent donc mes heures de travail et le fait de ne pouvoir ni manger ni boire (ce dernier point est vraiment le plus délicat) pendant la journée ajoute un certain poids sur la fatigue ambiante je crois.

Heureusement, les week-ends permettent de se relâcher un peu et de profiter des magnifiques plages désertes ou de l'ambiance festive du Ramadan qui se rapproche fortement de notre esprit de Noël.

La semaine dernière j'ai reçu une charmante invitation pour aller faire un peu de snorkeling à Rabigh (à environ une heure de la maison) pour célébrer l'anniversaire du fils de mon collègue. L'endroit est assez impressionnant. Bien sûr, il n'y a personne aux alentours, et encore moins en plein mois de Ramadan, quelques détritus s'amoncellent néanmoins sur la plage mais le plus impressionnant reste la couleur de l'eau et sa beauté. Après une marche hasardeuse de 500 mètres sur des coraux magnifiques, on se retrouve à affronter les vagues pour découvrir un magnifique récif avec une diversité de poissons impressionnantes. Nul besoin d'aller plonger, ils sont tous là à quelques centimètres de vos mains. De quoi ravir les petits monstres qui nous accompagnaient. Ce sont ces moments privilégiés qui nous font réaliser la chance que l'on a d'être ici en cette période relativement tranquille dans cette région du monde si peu visitée. Certains paieraient une fortune pour pouvoir avoir cette vue et expérience ne serait-ce que pour une semaine et ici la majorité des personnes ne profitent pas de ce paradis. Quelques photos sur le lien suivant: https://goo.gl/photos/dYUURQdLh3BY2RxV9

Hier soir, j'ai bénéficié d'un sympathique chauffeur pour aller déambuler dans le festival du Ramadan à Jeddah. Comme je le disais précédemment, la ville revêt un esprit de fête. Les illuminations se multiplient dans la ville et les familles sortent spontanément avec leurs plus belles tenues après Iftar (le petit-déjeuner de Ramadan) et la prière de 21 heures. Artistes, nourritures locales et show en tous genres ce mêlaient à ce patrimoine mondial historique que représente Al-Balad. Heureusement, peu soucieux de la prière du soir, nous étions arrivés un peu tôt pour pouvoir admirer la beauté de ce site avec toutes les lumières ambiantes de ce mois de fête.

Pour la première fois, j'ai été impressionnée par le nombre de mendiantes (car oui nous n'avons vu que des femmes avec des jeunes bébés dans la rue) qui s'étaient installées dans la rue pour demander un peu d'aide aux passants. Je suppose qu'elles sont soit divorcées soit veuves et veulent bénéficier de la bonté des personnes qui sont toutes supposées donner un certain pourcentage de leur fortune aux plus nécessiteux pendant cette période spirituelle.

Les rumeurs disaient que l'Unesco a accordé d'énormes subventions pour remettre à neuf ce quartier
magnifique. J'espère que ce sera en effet le cas mais malheureusement il semble qu'en ce moment les maisons soient détruites. J'ai la sensation qu'Al-Balad aura un tout autre visage sous peu malheureusement. Espérons que les architectes respecteront l'esprit de lieu si magnifique dans la reconstruction. Encore une fois, on se sent vraiment très privilégiés d'avoir pu apprécié ce lieu "avant".
En fait, ce serait ma conclusion générale sur mon expérience dans ce pays. Tout un chacun est tenu de vivre le moment présent ici car on s'aperçoit aisément que ce qui existait il y a une semaine peut disparaître du jour au lendemain sans crier gare; Que la route qui semblait si déserte au préalable est désormais peuplée de nouveaux appartements, que les constructions ne cessent de s'ériger de part et d'autres, que les rails du train se construisent plutôt rapidement... Prenez un cliché chaque fois que vous sortez car la prochaine fois que vous passerez, vous ne reconnaîtrez pas l'endroit. Sans mentionner que de toutes façons vous n'aurez probablement pas la possibilité de revenir dans ce pays une fois que vous l'aurez quitté et que même si vous reveniez, il est fort probable que les personnes que vous y avez connues n'y seront plus... Un sentiment plutôt mitigé s'empare de vous soudainement...
https://goo.gl/photos/DCnhb58pjEezuaNj8

mercredi 3 mai 2017

Je m'étais promis...

De ne pas partir sans avoir découvert le petit joyau de KSA: Maiden Saleh, la petite soeur de Petra (Jordanie).

J'avais eu la chance de visiter Petra il y a plus de 15 ans, avant que le lieu ne se développe en usine à touristes. J'avais même eu la chance de rentrer dans l'arène après la fermeture des portes et de profiter de ce lieu en toute sérénité au coucher du soleil.

Alors lorsque les gens me parlaient d'Al-Ulah, la région où se trouve Maiden Saleh, je ne pensais pas être impressionnée par ces tombes construites par les Nabatéens. Quelle erreur !

Ce site est colossal, plus plat certes que Petra mais parsemé de centaines de tombes toutes plus
intéressantes les unes que les autres. Le tourisme étant peu développé vous avez de plus l'opportunité de les visiter en toute tranquillité, vous pouvez les approcher, observer leurs moindres détails, d'escalader en toute sécurité ces rochers de sable et d'observer le magnifique paysage au loin. Il paraît que le but de cette escalade était de visiter les tombes des personnes les plus pauvres de la communauté. Il semble que mes yeux aient été absorbés prioritairement par le paysage et cette chaleur incroyable qui nous a incités à redescendre sur nos postérieurs très rapidement.


Le petit côté culturel qui m'a le plus interpelée réside dans la visite de l'ancienne station de train. En effet, depuis que je suis arrivée en KSA l'un des sujets les plus importants est la construction de la voie ferrée pour rallier Jeddah à Mecca. Curieusement, quelqu'un de la SNCF m'a dit récemment "nous n'avons pas voulu répondre à l'appel d'offre car c'est un projet fou, comment veux-tu assurer l'entretien des trains au vu des conditions climatique?". Eh bien apparemment, une ligne ferroviaire existait bien avant la seconde guerre mondiale et elle parcourait exactement cette distance et passait même en Jordanie et en Syrie. Mais elle a malheureusement été endommagée dans la lutte contre les turcs. La Syrie et la Jordanie ont néanmoins investi pour rétablir leurs rails après la guerre.
Alors que je pestais contre mon pays d'accueil de ne pas avoir fait de même, qu'ai-je découvert en lisant les petits commentaires ? Figurez-vous que la France et les Anglais, qui a priori à cette époque avaient un pouvoir de décision sur l'Arabie Saoudite (il va falloir que j'aille regarder cela de plus près), ont refusé un tel investissement. Résultat: presque 80 ans plus tard, KSA rattrape enfin son retard et la France est encore dans le côté négatif de la balance alors qu'elle aurait pu (et peut-être dû) profiter pleinement de cet ambitieux projets. Mais il vaut peut-être mieux laisser la place aux espagnols et allemands après tout...

En attendant de connaître le futur visage de la France sur le plan politique dimanche, je vous partage quelques grains de sable ensoleillés: https://goo.gl/photos/UKpnpRk3VVewiboN8

vendredi 24 mars 2017

Un pays plein de contrastes...

et en évolution constante!

Après avoir tellement décrit le caractère plutôt conservateur de Qasim, j'ai eu l'impression de voyager à une toute autre contrée quelques jours plus tard alors que je me rendais à Jeddah pour une exposition culturelle. C'est en effet l'expo 2139 à Jeddah en ce moment (http://www.21-39.com) et à cette occasion j'avais pu visiter trois galeries dans la même soirée.

Accompagnée de mes amies artistes je me trouvais bien petite devant leur connaissance et leur analyse des oeuvres d'art mais ai malgré tout adoré pouvoir interagir avec les artistes directement et mieux comprendre leurs expressions artistiques. L'une des peintres, ou plutôt réalisatrice d'un collage, m'a particulièrement frappée par ses propos et n'ai pu m'empêcher de lui demander si elle s'exprimait aussi ouvertement avec toutes les personnes qui la questionnait sur son oeuvre. Un collage sanctionnant clairement le rôle de la religion dans la société Saudi et son impact sur la soumission des personnes.

Une autre représentait, par une oeuvre que je n'aurais absolument jamais comprise si je ne l'avais rencontrée, la règle des 21 jours qui nous permet de modifier positivement nos schémas habituels (qui eux peuvent être plutôt négatifs) et qui peut parfois nous mettre la tête à l'envers.

Mais ce qui m'a le plus frappée c'est cet atmosphère tellement relax et venu d'une autre planète: un grand nombre de filles portaient leur abaya ouverte ou laissaient dépasser des jeans troués par les trous.
Au troisième étage, on se retrouvait dans un cadre digne d'un des bars les plus populaires de la rue de la soif, alcool en moins. Des jeunes libres des contraintes habituelles interagissaient en toute gaieté autour d'oeuvres artistiques remarquables. Un vrai délice!

Nous avons quitté cet espace exceptionnel pour retrouver les galeries un peu plus traditionnelles mais qui présentaient néanmoins des artistes locaux très intéressants. Tous étaient présents, expliquant chaque petit détail et toutes les symbolisations exprimées dans leur oeuvre. Au risque de me répéter, un vrai délice! J'expose ci-dessous quelques-unes des oeuvres qui m'ont le plus interpelée. Nous avons terminé en Guest VIP grâce à notre amie qui était au préalable curatrice de cette galerie et avons découvert une magnifique terrasse sur le toit de l'édifice, transformée en marché des saveurs internationales pour l'occasion. L'ambiance cette fois était digne d'un soir d'été sur la côte d'azur. Il ne manquait plus que les cigales et le petit verre de rosé. Pour être complètement honnête malgré tout, il aurait peut-être aussi fallu baisser la "ventilation" puisqu'une tempête de sable se levait lentement ce soir là et diminuer le thermostat car la température restait élevée, agrémentée d'une couche de sable peu agréable qui venait nous recouvrir les papilles.










Quelques semaines plus tard, le changement continuait sa petite avancée et nous étions informés d'un spectacle de cirque mixte qui se présentait à Jeddah. En France, je dois avouer que le seul cirque que j'ai du voir au cours des 20 dernières années a été le Cirque du soleil (qui vient apparemment en 2018 à Riyadh!!) mais je ne pouvais manquer cet événement. Nous avons donc, non sans mal encore une fois, acheté nos billets et pris la direction de Al Balad lieu qui semblait indiquer sur le site web. 90 minutes et nombre de bouchons plus tard, nous découvrons un superbe festival à Al Balad mais aucune trace du cirque.

Non, le cirque ne se tient pas ici mais au Red Sea Mall, il nous faut donc rebrousser chemin et remonter vers le nord, d'où nous venons exactement. Au Red Sea Mall, personne ne sait nous aiguiller sur le lieu exact du spectacle. Prêts à rendre les armes et à nous contenter d'un repas au restaurant, nous rencontrons finalement un charmant officier d'information qui nous apprend que le lieu est en fait à dix minutes du Mall. Une heure après le début indiqué du spectacle, nous entrons enfin dans l'arène. Les sièges dans notre catégorie étant totalement occupés, nous sommes surclassés et pouvons assister à quasiment la totalité du spectacle. Autant dire qu'une bonne majorité de spectateurs a dû se perdre comme nous. La performances des acteurs m'a fait réaliser combien ceux du cirque du soleil sont vraiment très bons mais pour leur défense, opérer devant un public qui n'a pas l'habitude d'applaudir ou de montrer sa joie et de partager ses émotions positives publiquement n'a rien de très simple non plus. Plusieurs fois, ils ont essayé de mettre en avant leur performance et n'ont reçu que de maigres applaudissements. Les gens entraient et sortaient régulièrement pendant le spectacle et comme au ciné n'hésitaient pas à rentrer avec leurs paquets de chips ou autre alimentation en faisant le plus grand bruit. A peine terminé, les spectateurs se sont rués vers la sortie sans réellement remercier les personnes sur scène. Une attitude qui ne doit pas être simple à gérer lorsque l'on est sur scène.

Malgré tout, le spectacle était vraiment très beau et le seul fait qu'il puisse avoir eu lieu en soit est un miracle!


samedi 4 février 2017

Al Qasim, la Rome antique de KSA

Un voyage auquel je m'étais inscrite sans vraiment penser que j'irai réellement vu que je n'avais pas payé mes dus. Mais deux jours avant le départ, me voici informée que l'on m'attendra à 16 heures pour se rendre à l'aéroport. Oops, il va falloir que je négocie une sortie du bureau plus tôt. 
Ces petits détails réglés, me voici en partance pour Al Qasim. "Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas? Il n'y a rien à voir. Ils sont tellement conservateurs là-bas.", me disait-on. Pleine d'insouciance, et sans vraiment connaître le programme, vous connaissez la chanson, je m'embarquais pour cette nouvelle épopée. Les yeux toujours pleins d'étoiles suite à mon excursion à Tabouk, je m'attendais à une tout aussi belle expérience...

Mais...la réalité fut quelque peu différente. Ne vous y trompez pas, j'ai quand même réussi à prendre plus de 200 photos, il ya donc bien des choses intéressantes à voir. Mais... les conditions du voyage m'ont confrontée à une toute autre réalité de la vie dans cette contrée et je suis rentrée les yeux plutôt humides ou du moins gris nuageux. 

Il m'est de plus en plus clair que ma relation aux hommes a toujours été quelque peu compliquée. Oui, je sais,  j'arrive enfin à l'âge de raison. Mieux vaut tard que jamais! Et j'ajouterais, encore plus lorsqu'ils sont relativement machistes et cherchent à contrôler mes faits et gestes. Sachant cela me direz-vous pourquoi suis-je allée en Colombie et me retrouve maintenant en KSA où cet aspect est encore plus criant. Excellente question, merci de me l'avoir posée!

Toujours est-il que ce voyage a dégagé en moi une intolérance pour ce genre de personnages à son paroxysme. L'agenda, que j'aurais dû regarder plus attentivement probablement, était complet voire trop complet. Comme à chaque voyage, le guide souhaite nous faire découvrir les 1001 merveilles de sa région et ne se rend pas nécessairement compte que nous nécessitons plus que deux minutes pour les observer et les apprécier comme il se doit. Je suis généralement allergique aux tours guidés mais au vu de ma condition féminine, c'est à peu près la seule chance qui m'est offerte de visiter ce beau pays. Très vite la moutarde m'est montée au nez lorsque nous étions pressés de nous dépêcher, de prendre moins de photos pour nous rendre dans l'autre site touristique. Mais je décidais de naviguer un peu ces émotions et de profiter du côté positif de ce voyage. 

Dans chaque lieu visité, un protocole d'accueil saudi s'imposait: nul ne sortira de ce lieu sans avoir manger au moins une datte, bu une tasse de café saudi et terminé cette collation par un petit biscuit et un petit thé bien sucré. Après quatre accueils de ce style, vous n'avez qu'une seule envie, celle qui vous impose de sortir au plus vite!

Mais le plus dur restait à venir... Un petit détour par les festivals où nous étions bien sûr attendus comme personnalités importantes, cameramen et autres personnages des médias à l'appui. Nulle question de s'échapper et d'aller faire le tour des stands en individuel comme j'en avais pris l'habitude auparavant. Vous resterez tous groupés et nous visiterons les stands tous ensembles. Mon esprit rebel s'est enflammé et j'ai profité d'un petit moment d'égarement de nos guides pour m'envoler avec une amie. Bien sûr la négociation des prix est beaucoup plus compliquée lorsqu'aucun des deux camps ne parlent le même langage, mais qu'importe! Au final ce ne sont que des chiffres et même si certaines commerçantes ignoraient notre système, il y avait toujours un ou une passante qui nous aidait dans la traduction. Les femmes, toutes couvertes de leur niqab, nous saluaient, nous souhaitaient la bienvenue et parfois nous demandaient une photo, non sans au préalable s'être regardée pour s'assurer de... je ne sais quoi exactement car seuls leurs yeux apparaissaient. Certaines s'exprimaient parfaitement en anglais, avec d'autres par contre nous nous amusions à interpréter nos langues respectives pour établir un semblant de communication. Le mutawa lui par contre n'a eu aucun problème à se faire comprendre, même s'il ne parlait pas un mot d'anglais, lorsqu'il nous a gentiment engueulé et demandé de nous couvrir le visage (ce que nous n'avons pas fait bien entendu). Des expériences que l'on ne peut vivre si l'on se promène à plusieurs... 

Le lendemain a donné lieu au même rythme effréné et nous avons pu expérimenter un deuxième festival. Les conditions se sont avérées très distinctes cette fois malheureusement. Ayant appris de leurs "erreurs" antérieures, nos guides ont décidé cette fois que nous n'aurions aucun échappatoire possible. S'éloigner de 10 mètre générait un harcèlement sans limite et toute distanciation du groupe donnait lieu à d'interminables discussions. Bien sûr, ces hommes ne souhaitaient en aucun cas que nous nous promenions seules. Je conçois que ce ne sont pas les coutumes de la région mais nous sommes clairement étrangères et n'avons aucune envie d'aller danser (quoique) dans la rue sans faire attention à notre environnement. Nous ne faisions rien de mal, et prendre des photos ne se fait pas en une seconde. Je n'ai pas non plus l'intention de passer 10000 ans devant un stand qui ne m'intéresse absolument pas lorsque je pourrais aller parler avec l'artiste ici présent qui souhaite vendre ses oeuvres d'art. Mais l'organisation en avait décidé tout autrement et même ce petit écart m'a été refusé. Autant dire que ma petite bouilloire était au bord du sifflement. Et comme si cela n'était pas suffisant, tous ces messages m'étaient transmis d'une manière très peu respectueuse (selon mes critères). 

Mais l'impact le plus important de ce voyage est venu quelques heures plus tard. Jusqu'à présent chaque fois que nous avions voyagé nous n'avions pas vu de femmes, étant toujours accueillis par les guides masculins. Naviguer ainsi "librement" dans ces festivals nous a fait découvrir une toute autre réalité. Ces femmes portaient toutes le niqab ou étaient complètement couvertes avec ce que je qualifierais de masque d'escrime directement intégré dans leur abaya. Ne pouvoir voir aucun de ces visages, observer tout ce noir à chaque coup d'oeil échangé, ne pouvoir reconnaître cette femme qui nous a saluées si gentiment il y a quelques secondes car elles se ressemblent toutes de par leurs yeux maquillés à l'identique... Tout cela finit par vous peser sur le système sans même vous en apercevoir et les idées noires s'incrustent également. 
Tout ceci cogitait plus ou moins sereinement dans ma petite tête lorsque l'heure du retour a sonné et que je me suis trouvée nez à nez avec l'un de mes étudiants. Il avait étudié 6 ans aux Etats-Unis et est maintenant de retour sur le campus pour le Master. Je n'avais aucune idée qu'il était de cette région. Il me paraissait relativement libéral et avait toujours un mot très sympathique sur ce que je portais ou autre. Le voir entrer dans l'avion, accompagné d'une dame entièrement couverte, m'a soudainement fait un choc. Quelle expérience difficile celle de passer d'un monde aussi conservateur à cette société libérale aux U.S. pour ensuite revenir à ses racines et revivre dans ces conditions. Je n'ai pu m'empêcher de me demander ce qu'il pouvait ressentir et comment il pouvait interagir avec cette vie locale. 

J'ai eu l'occasion d'aborder le sujet depuis avec mon amie Nada. Pour la première fois, je me suis aperçue que sa famille elle-même était conservatrice. Elle me l'avait mentionnée mais en visionnant les photos du mariage de sa soeur, j'ai pu constater que toute les femmes (mère et soeur) se couvrent et qu'elle est la seule à porter le hijab. Une situation qu'elle m'a décrite comme difficile mais qu'elle arrive malgré tout à soutenir. Son père fort heureusement la soutient même si parfois en son fond intérieur elle sent bien que face à la famille son support n'est pas aussi fort. Ses frères par contre sont beaucoup plus conservateurs et ont encore du mal à comprendre sa personnalité et son indépendance. Aller à la banque avec son frère est devenu un cauchemar: il est soit trop soucieux de ne pas se montrer avec une femme non couverte ou trop attentionné pour ne pas la laisser seule et lui permettre de parler seule au guichet. J'espère juste que son père restera de ce monde jusqu'à ce qu'elle décide ce qu'elle souhaite faire de sa vie car sinon ses frères risquent de la marier au premier conservateur venu. 

Et dire que je pensais avoir souffert lors de mon choc culturel inverse en rentrant en France la première fois. C'était du gâteau en comparaison.    

Après avoir dormi de plus longues heures et repris mes esprits, j'ai pu remonter un peu mon humeur et découvrir une toute autre société à Jeddah ce week-end. J'ai eu le sentiment de m'être exilée l'espace de quelques instants grâce à l'expo artistique 2139 dont je vous parlerai dans un prochain poste. En attendant, voici "quelques" photos de ce week-end tumultueux! 





jeudi 19 janvier 2017

Un court passage en France...

Rien de plus frustrant que d'atterrir dans son pays sans pouvoir sortir de l'aéroport. Le petit inconvénient de prendre Air France pour se rendre aux U.S.. Mais je dois avouer que mon choix était plus que très intéressé car je trépidais d'impatience à l'idée de pouvoir visionner de bons petits films français. Air France devient donc l'espace d'un instant le cinéma préféré de mes temps modernes sans culture cinématographique.

Curieusement, ma sélection comprenait deux films tournés en Bretagne, l'occasion de se replonger dans ces beaux paysages, j'aurais juré que l'air iodé m'arrivait aux narines. "L'avenir" avec Isabelle Huppert m'a permis de passer quelques heures agréables à me remémorer ces terribles épreuves de philosophie et les joies que l'on éprouvait à converser et argumenter pendant les cours sur des sujets plus ou moins pertinents. J'ai trouvé "Les châteaux de sable" poignant et très d'actualité. Emma de Caunes très poignante et vraie. La fin un peu trop happy ending m'a laissée sur ma faim mais globalement un film très émouvant, des paysages magnifiques qui représentent à merveille cette région - curieux de se retrouver soudainement propulser à Paimpol!

Autre film plus dérangeant pour certains probablement "La belle saison" avec Cécile de France. Curieusement, j'ai fait mon choix en fonction de l'actrice et elle ne m'a pas déçue! J'ai appris à vraiment l'apprécier et ses films ont souvent un fort impact sur ma petite personne. Beaucoup de sujets délicats sont traités dans cette histoire: le MLF, les relations homosexuelles et leurs conséquences sur la société et la famille, la vie à la campagne.... Des scènes osées - ou peut-être suis-je devenue un peu trop puritaine - des dialogues intéressants, des transitions et silences qui favorisent la réflexion... Un vrai plaisir!

Et j'ai finalement terminé le voyage avec "Tout pour être heureux", un film poignant, triste et réaliste sur le métier de l'intermittent du spectacle, la vie de couple ou plutôt "comment passer à coté de sa vie de couple et ne s'en apercevoir que lorsqu'il est trop tard!" Pour une fois, j'aurais aimé un happy ending mais non. Un film excellemment tourné qui m'a hantée jusqu'à ce que je puisse voir la fin à la maison. J'aurais presque voulu que l'avion reprenne son envol pour pouvoir le terminer sans souci. :-)


Ces nombreuses heures de cinématographie ne m'ont par contre pas permis de me reposer après cette semaine marathon à Atlanta. Enfin, je devrais plutôt dire à l'hôtel car d'Atlanta je n'ai pris que quelques photos depuis ma chambre et ne suis sortie qu'une seule fois pour aller dîner le premier soir.

Qu'ai-je fait de mes journées? J'ai préparé cet événement où se réunissaient quasiment 500 étudiants pendant trois jours. Avec la conférence a débuté ma série d'entretiens individuels avec les étudiants qui bien souvent étaient dans des situations difficiles. J'avoue que je suis contente d'avoir terminer ma formation depuis quelques mois et d'avoir pu mettre à profit certains de mes enseignements. Je lisais il y a peu que les étudiants aux U.S. souffrent de plus en plus de dépression et éprouvent beaucoup plus de difficultés psychologiques que les générations précédentes. Honnêtement, nul besoin de faire de longues recherches scientifiques. Je me suis entretenue avec 35 étudiants pendant trois jours et je dirais que 75% ont été diagnostiqués dépressif, souffrant de ADHD ou de bipolarité.

Cette dernière spécification continue de me laisser dubitative. En effet, beaucoup des étudiants diagnostiqués bipolaires expriment cette inconsistance entre ces moments de très positive énergie et ceux de niveaux beaucoup plus bas. Leurs résultats académiques en dépendent fortement malheureusement et se dégradent petit à petit. Je ne peux m'empêcher d'être perplexe néanmoins. Pour des étudiants qui vivent si loin de leur culture et de leurs familles, n'est-il pas normal de se sentir vraiment seul, isolé et parfois déprimés. Cela veut-il dire nécessairement qu'ils sont bipolaires et pourquoi leur indique-t-on la prise de médicaments sans même prendre le temps de comprendre leur désespoir et leurs doutes.

Tout le week-end, je n'ai fait que poser les mêmes questions: "qu'est-ce qui se passe? pourquoi as-tu de tels résultats?" et les réponses étaient toutes plus ou moins identiques "Je ne sais pas, je n'y arrive plus, j'avais l'habitude d'avoir d'excellentes notes et je suis devenu un bon à rien, je n'arrive plus à me lever." Ils n'arrêtent pas de ruminer, de se comparer aux autres qui selon eux réussissent si bien, mentent à leurs parents ou se replient dans leur caverne sans oser avouer à qui que ce soit qu'ils ont des difficultés, ils ne crient pas à l'aide, certains - même si peu nombreux - s'envolent vers un espace de liberté et célèbrent leur jeunesse un peu trop largement. Mais lorsqu'on les invite à regarder un peu plus ouvertement ce qu'ils ressentent, à analyser les différents schémas qu'ils reproduisent et qu'on leur propose un plan d'actions concret pour remédier à cet état dans les prochaines semaines, leurs yeux recommencent à s'illuminer d'une lueur d'espoir. Bien sûr, il est trop tôt pour crier victoire mais un petit pas a été fait dans la bonne direction.

Une question semblait rendre muets tous les étudiants "et pourquoi tu étudies ce programme, que veux-tu faire après avoir obtenu ce diplôme?" et m'a ramenée plusieurs années en arrière. Comme les étudiants d'école d'ingénieurs françaises, ces étudiants saoudiens ont étudié dur pour pouvoir obtenir notre bourse et sortir de KSA, ils ont poursuivi leurs efforts pendant l'année de préparation à l'université pour accéder à la meilleure université de leur choix mais... malheureusement une fois acceptés, ils ne savent plus vraiment pourquoi ils sont arrivés à ce niveau et se lever le matin devient un véritable calvaire. Il semble qu'un premier choc puisse se produire en Freshman year et pour ceux qui en ont été exemptés, il arrive en Junior Year, année où l'étudiant commence à réellement étudier les cours importants de sa carrière et à voir ses années étudiants se terminer...

Tant de choses gravitent dans mon esprit pour les aider mais la structure actuelle ne laisse que très peu de champ libre malheureusement...

samedi 7 janvier 2017

Transitions of transnationals

Hier soir je m'étais inscrite pour une conférence "Transitions". Avant de m'y rendre (ou plutôt de commander le taxi) j'avais pour une fois relu la description de l'intervenante. Quel miracle! Le thème relevant des compétences interculturelles et la conférence étant réservée aux femmes, j'étais plutôt optimiste sur l'expérience que j'obtiendrais...

Sauf que le programme fut tout autre. Le sujet était en fait "Transitions for transnationals". Au lieu de deux heures de conférence, nous avons eu droit initialement à un petit quizz totalement orienté "culture générale des femmes américaine". Humm, il y avait plus de 20 nationalités présentes dans la salle, avait-on besoin de rester aussi ethnocentrique? Je n'essaie pas de justifier mon ignorance totale des réponses, je suis une nouvelle fois un peu critique sur certaines façons de penser: bien des femmes dans le monde ont brillé dans l'histoire sans être obligatoirement nées sous le drapeau étoilé! Malgré cette dynamique, toutes ces femmes paraissaient en extase de se retrouver et donnaient l'impression d'être redevenues des petites filles à l'heure du quatre-heure, heureuses de se retrouver au parc loin des regards des mamans. Sauf qu'en l'occurrence c'était loin de leurs maris qu'elles se trouvaient. 

Lorsque la conférencière a débuté son discours, les brouhahas ne se sont pas pour autant interrompus malheureusement et je soupçonne que n'importe quel sujet les aurait motivées à se retrouver dans ce lieu fort sympathique et réservées à elles seules. 
Malgré tout, il a été possible d'aborder certains sujets difficiles et de me confronter à une autre réalité: celle des femmes expatriées mariées à des Saudis qui sont venues s'installer ici après avoir vécu une décennie au moins ensemble dans leur pays d'origine ou dans un autre pays. L'intervenante, mariée à un pilote saoudien, a dû émigrer après le 11 septembre: les événements ayant rendu tout recrutement de son mari impossible aux U.S.. Psychologue, a priori renommée aux U.S., elle avait l'habitude d'intervenir publiquement sur ses sujets d'intérêt et de pratiquer beaucoup de sports. Initialement, elle s'est vu suivre les instructions de son mari: tout ceci appartenait au passé et n'étais plus envisageable dans son nouveau pays. Au-delà de la prise de poids, il a eu le droit à une complète remise en cause de son identité. 
Beaucoup se plaignaient de ne plus savoir comment occuper leur journée, toutes promenade ou courses dans les magasins seule devenant tout de suite un calvaire voir interdit dans certains cas. Une fille plus jeune soulignait qu'elle avait réussi à s'inscrire dans un club de randonnée mixte qui organise également des joggings sur la plage en semaine. Certaines se sont mises immédiatement à rêver mais l'idée de demander la permission à leur mari pour participer à une activité mixte a très rapidement éteint la lumière dans leurs yeux. Il semble néanmoins qu'un nouveau club de gym se soit ouvert pour les femmes, une nouvelle lueur d'espoir pour certaines qui peuvent ainsi se retrouver plus facilement et plus régulièrement tout en évacuant le stress ambiant. 
Une autre personne clamait ne plus avoir de vrai pays d'attache après avoir vécu sur tant de continents. Mais curieusement, elle ne cessait de vanter les mérites de son pays natal, la Norvège, et malgré sa supposée ouverture d'esprit a lâché le commentaire le plus cruel de la soirée sur l'Arabie Saoudite. Car bien sûr, très vite le débat s'est tourné vers les côtés négatifs de notre pays d'accueil, certaines ne supportant pas l'idée de rester dans ce pays un mois de plus, d'autres souhaitant profiter de l'entrée à l'université de leurs enfants pour s'exiler avec eux dans un autre pays...

Ces commentaires acerbes sont-ils réellement liés à la seule difficulté de l'Arabie Saoudite? Je ne pense pas... J'ai rencontré ce même phénomène fréquemment lorsque je me réunissais avec des expatriées en Colombie ou aux U.S. et les étrangers réagissent souvent ainsi vis à vis de la France. La conférencière l'a bien soulignée à la fin: dans ce genre de situation, chacune a tendance à s'oublier en voulant s'intégrer au mieux et finit par accepter ces petites choses insignifiantes initialement mais qui prennent des proportions dramatiques par la suite. KSA, de par ses règles plus spécifiques pour les femmes, semble juste écourter fortement la période "lune de miel" qui généralement correspond au début de toute expérience de mobilité internationale. 

Il est vrai que même si on le souhaitait, on ne saurait trouver toutes les questions nécessaires pour nous aider à peindre la réalité qui nous attend lorsque l'on décide de venir vivre en KSA. Même essayer d'expliquer cette réalité à ceux qui y sont étrangers est difficile. Il y a tant de choses auxquelles on accepte de se soumettre ou que l'on décide de respecter au risque de devenir schizophrénique et qui paraissent si peu cohérentes aux personnes de l'extérieur. 

Mais comme l'a très bien conclu Kim, l'essentiel est de rester True to yourself dans toute cette aventure!   

mercredi 14 décembre 2016

Les pieds dans l'eau


Il y a quelques semaines, le campus a changé d’allure, l’espace d’une nuit. Les 400 coups – de tonnerre – ont éclaté vers trois heures du matin et la pluie n’a cessé de tambouriner légèrement les fenêtres. Je n’ai pas ferme un œil de toute la nuit…

Non, ne vous méprenez pas. Après les orages de Medellin et l’écho que la foudre pouvait trouver dans les montagnes, cette petite tourmente ne faisait pas si peur en soit. Non ce qui m’a terrifiée pendant toute la nuit c’est plutôt l’impact qu’une réunion à laquelle j’avais assisté pour travailler sur le plan d’urgence à mettre en place en cas de catastrophe ! Toutes les questions que je posais paraissaient tellement nouvelles pour eux que j’ai eu envie de prendre le premier avion pour Tombouctou plutôt que de rester ici à attendre une solution à moyen terme.

En effet, j’avais toujours pense que si l’eau monte, pas de souci ! J’ai deux étages J Sauf que… Les toits sont plats ici et les constructions comment dire… Oui, tout peut arriver ! Au vu des dégâts qu’avaient fait quelques gouttes d’eau l’année dernière sur Jeddah, je m’imaginais déjà le pire.

Mais à ma plus belle surprise mon appartement est complètement sain et contrairement à certains de mes amis je n’ai pas eu à affronter de pédiluves en bas de mon escalier ni à sortir en kayak. La plage est restée fermée une bonne partie de la journée mais l’équipe de choc avait tout réparé des 14 heures pour nous permettre de profiter du vent sans que l’on puisse se rendre compte de la tourmente qui venait de s’abattre sur la plupart du matériel !

Impressionnant comme toutes les personnes les moins visibles dans cet environnement travaillent dur pour rendre invisible les moindres petits traumas de la vie quotidienne…