dimanche 7 août 2016

Un bien curieux musée...

Derrière sa prestigieuse architecture, se cache un amoncellement de culture et de savoir scientifique invraisemblable. Ce lieu a été érigé par une personne sur ses deniers propres il semble. Cette personne a réussi à acheter et à exposer plus de choses de tous les continents et toutes les disciplines qu'aucun curateur n'oserait rêver.

 
Certes la disposition des œuvres laisse parfois pantois puisque la première salle présente des images de senso-perception alors que la deuxième nous propose un fossile de dinosaure directement importé du Brésil et que la troisième nous expose le développement du royaume pétrolier, juxtaposé à certains messages de développement personnel tout en faisant face à de nombreux posters prônant le manger sain et équilibré. Une organisation tout à fait aléatoire qui nous laisse perplexe initialement mais qui finit par nous séduire à la fin de l'après-midi. Un minimum de trois heures est en effet nécessaire pour arpenter les 200 salles de ce musée.


Le deuxième étage oscille entre la représentation des différents habitats dans les diverses régions du royaume, l'art islamique et des œuvres d'art de toutes les époques, pays et styles. Je n'avais jamais vu autant de joyaux réunis dans un seul et même endroit. Des vases de Chine d'une beauté et grandeur époustouflante, des tapis de Turquie que l'on ose à peine effleurer et des tableaux d'artistes probablement reconnus disposés de part et d'autre des couloirs sans pouvoir les admirer à leur juste valeur tant ils sont agglutinés les uns sur les autres.   





Je dois avouer que nos yeux ont été saturés après deux heures de découverte, mais la visite valait définitivement le détour. Même notre chauffeur de taxi a apprécié sa longue attente puisqu'il a pu respecter son heure de prière dans l'une des plus belles mosquées de Jeddah.

Quelques photos supplémentaire sur le lien suivant! :-) 

https://goo.gl/photos/dwD5LeS5uhfHUUvQ7

vendredi 5 août 2016

Une petite soirée ciné à Jeddah...

Ciné et Jeddah ne rime généralement pas ensemble puisque le seul cinéma ouvert en Arabie saoudite réside sur notre campus. Mais hier soir j'ai pu bénéficier de la générosité du centre d'échange culturel. Ils nous ont proposé la diffusion du film "Aramco brats", les enfants nés des familles américaines qui ont accepté de s'expatrier en KSA pour participer à la création de la compagnie pétrolière ARAMCO et donc contribuer fortement au développement de l'Arabie saoudite.

Le film présentait un peu trop longuement à mon goût les conditions "de rêve" dans lesquelles vivaient ces familles et les larmes qui coulent désormais sur leur visage à la simple évocation de ces souvenirs. Curieusement, ou pas puisque notre campus a été créé par les dirigeants de Aramco, leur vie paradisiaque ressemble trait pour trait à la nôtre... Le producteur pourrait parfaitement décliné son film en K...T brats! Je lui conseillerais néanmoins d'inclure les effets pervers de vivre dans une telle bulle et de se focaliser un peu plus sur les points tout à fait pertinents suivants et traités un peu trop rapidement à mon goût.

Certaines de ces personnes ont dû quitter le pays à la lueur des chars militaires en pensant y revenir sous peu. C'était leur maison, leur pays depuis leur naissance et ils n'ont jusqu'à ce jour pu y retourner. Je n'avais jamais connu cela auparavant mais l'idée de ne pouvoir revenir visiter ce pays si jamais je venais à déménager me perturbait fortement. En effet, à moins de se convertir ou d'avoir un membre de sa famille sur place, impossible de revenir... Triste réalité. J'ai commencé à respirer sur ce sujet lorsque mon amie Solafa m'a assurée qu'elle pourrait m'inviter professionnellement. Un vrai soulagement!

Mais nombre de ces familles n'ont pas eu cette chance! Ces familles, sans avoir énormément de contact avec la culture Saudi, ont néanmoins appris à respecter l'islam, à voir ce pays avec d'autres jumelles que les optiques faussées des médias, et à garder un esprit ouvert sur toute autre culture. Vous voulez dire que je ne suis pas la seule à sentir ces choses?

 Autre point trop éphémère à mon goût dans ce film: l'incapacité d'un grand nombre de ces personnes à expliquer en détails leur vie aux personnes incrédules extérieures à cet univers, à présenter les beautés de ce pays ainsi que l'accueil chaleureux que nous réserve chaque famille Saudi!

lundi 18 juillet 2016

On dirait le Sud...

Même si j'ai l'impression que je suis rentrée il y a maintenant un siècle, les vacances se sont terminées il y a seulement une semaine. Le cœur lourd j'ai dû reprendre l'air pour Paris voici maintenant 10 jours. Cela m'a rappelé l'époque où je quittais l'Amérique du Sud après un mois de sérénité dans un de mes pays préférés. Cette fois, une semaine avec deux petits anges (qui peuvent parfois se transformer en petits monstres, soyons honnêtes) et la famille a suffi pour remettre en question beaucoup de choses dans ma petite vie jusqu'alors bien tranquille. 

Ne rêvons pas, un retour en France ne saurait s'envisager actuellement et un miracle ne me permettra pas de récupérer les années fécondes passées ! Mais rien ne m'empêche de résumer les étapes parcourues et de dessiner un nouvel horizon.   

A mes crayons ! Non sans partager quelques beaux souvenirs de ces quelques jours français...




vendredi 24 juin 2016

Retour aux sources

Les années ont passé et je reste impactée par le sujet. Les compétences interculturelles et comment s'adapter à une nouvelle culture reste mon sujet de prédilection, il semble. Même si l'intelligence émotionnelle est venue s'insérer dans cette réflexion, rien ne me fait plus vibrer que d'assister à un débat ou différentes cultures s'expriment sur leur adaptation dans leur nouveau pays.

C'est cette formidable expérience que j'ai pu vivre dimanche dernier dans la superbe maison du non moins célèbre architecte Sami Angawi (cf. un de mes posts précédents qui rendait compte de ma première visite dans cette magnifique maison). Nous avons eu le privilège de sa présence un court instant. Cette brève apparition m'a permis de confirmer la grandeur de cet homme. C’est non seulement un architecte et philosophe reconnu dans le monde entier mais sa simple prestance vous illumine d'un seul rayon et il vous irradie instantanément de sa sagesse et sérénité. Un phénomène inexplicable que je n'ai connu qu'en très rares occasions. Les dernières personnes qui m'ont fait cet effet étaient Bill Clinton et Margareth Mitchell. La comparaison aujourd'hui me parait peu appropriée tellement il me semble au-delà de ces deux personnages publics.

L'évènement était ouvert et gratuit à tout public. Une vingtaine de nationalités étaient présentes et incluaient l’Estonie, l’Ethiopie, la France, l’Italie, le Pakistan et les Etats-Unis sans oublier l’Arabie Saoudite. Vous imaginerez les débats que cette diversité a générés. Certaines femmes américaines vivaient en Arabie depuis presque 40 ans, leur vision était très intéressante. Musulmanes toutes les deux, elles ont apporté une vision bien différente de ce pays. L’une d’entre elles comparait la vie qu’elle avait eue aux Etats-Unis en tant que musulmane, le racisme et les pressions négatives qu’elle avait reçues alors qu’elle ne demandait qu’à exercer sa foi en paix. Arrivée en Arabie Saoudite, elle reconnaissait qu’elle s’était sentie plus libre et respectée que dans son pays d’origine. Une autre vieille dame reconnaissait et dénonçait les abus des femmes encore existants dans certaines familles et la non réponse des autorités dans de telles situations mais admettait qu’elle préférait largement vivre en Arabie Saoudite qu’aux Etats-Unis. Au cours de toutes ces années, elle avait pu vivre trois révolutions qui avaient largement contribué au développement du pays : l’apparition du câble, du téléphone et Internet. Au vu de l’évolution du pays à travers ces transitions, elle exprimait sa confiance en un avenir positif.

Curieusement, la personne la moins optimiste de toute la salle était une Saudi dont les parents étaient d’origine anglaise et italienne. Elle souffrait non seulement des mêmes maux que nous expatriées (inhibition de notre féminité, perte d’indépendance et impossibilité de conduire) mais aussi de la victimisation de ses enfants en terme de harcèlement car leur mère ne suit pas les protocoles locaux et ne se couvre pas. Je crois qu’elle souffre plus pour cette deuxième situation que pour la première. Je lui faisais d’ailleurs remarquer (me référant a ma propre expérience) qu’être trop indépendante comportait aussi ses travers.

Le thème de l’imposition culturelle par une minorité est également apparue à l’issu du débat. Conservateurs et libéraux se sont affrontés verbalement l’espace d’un instant pour ensuite retomber diplomatiquement et laisser place à l’éternel débat de donner la possibilité des femmes conduire dans le pays. Un thème récurrent des femmes dans ces instances qui génèrent des soulèvements de sourcils de la part des hommes, façon « encore ! ».  

Lors d’une discussion sur cette soirée avec un de mes étudiants, j’ai eu la possibilité d’écouter le prince s’exprimer sur ce sujet. Dans son discours, il déclarait que le problème ne provenait pas tant de la famille royale que de la société elle-même. Le film « Wadjda » de Haifaa Al-Mansour le décrit subtilement mais parfaitement. Dans ce même discours, il faisait une analogie très pertinente : les Etats-Unis ont été créés en 17794, combien d’années leur a-t-il fallu pour abolir l’esclavage, donner le droit de vote aux femmes… ? KSA est né il y a 100 ans, certes les problèmes existent et de nombreux faits restent inadmissibles aux yeux des occidentaux mais le parcours réalisé en si peu d’années laisse penseur également. Cette transformation risque de s’accélérer encore lorsque certains (et j’espère un important groupe de mes étudiants) des 400 000 étudiants saoudiens, qui se trouvent actuellement aux Etats-Unis grâce aux bourses offertes par feu le roi, rentreront au pays.

Mes nombreuses conversations avec les étudiants montrent leur dévouement à cette cause et leur volonté de contribuer au changement. Mes esprits révolutionnaires toujours bien présents, je dois avouer que je les incite fortement à la création d’entreprise et les supporte dans cette voie. J

Prochaine excursion culturelle : exposition photo sur le voyage à Makkah en 1905 et une exposition artistique locale. Qui aurait cru que je pourrais trouver autant de vie culturelle dans ce désert ?

 

vendredi 17 juin 2016

The Forty Rules of Love... un roman qui vous affecte en profondeur

Ce roman d'Elif Shafak, auteure turque, ne vous laissera pas indifférent je vous le garantis. Solafa, une très bonne amie Saudi - du clan Intelligence Émotionnelle - me l'avait recommandé pendant ma première formation EQ Coach à Dubaï et il s'était curieusement présenté devant mes yeux lorsque je  déambulais les longs couloirs de Virgin à la recherche de livres intéressants pour... mes neveux. 

Il portait le sticker "Best gift pour St Valentin", je m'attendais donc à un simple roman "cheezy", même si cela ne semblait pas vraiment être le style de Solafa. A peine acheté, aussitôt ouvert et une incroyable découverte! Ce roman est une ode à l'amour au sens large du terme même s'il se traduit initialement dans la relation entre deux hommes emblématiques: Shamz (dervish) et Rumi (poète dont les vers continuent de peupler les murs de nombreux internautes). A travers ce livre, les versets du Coran les plus controversés sont expliqués en profondeur, la vie des femmes, des jeunes filles et les différents stéréotypes si souvent attribués négativement à l'Islam sont discutés. Le soufisme révélé à la lumière du jour. Une excellente façon de mieux comprendre cette danse si étrange qui m'avait "presque" endormie lors de ma dernière visite à Istanbul. 

Encore sous le choc de cette très belle lecture, Solafa (eh oui, encore elle!) m'informa qu'un groupe de discussion sur ce livre se tiendrait à Jeddah pendant le ramadan. Malgré les horaires très rédhibitoires que nous impose cette période, aucun événement ne commençant avant 21h30, je me suis inscrite avec mon amie Nada. Fatiguée au plus haut point, avec une importante journée le lendemain, mon cœur n'était plus aussi dynamique à l'idée de rentrer si tard à la maison. Ma conscience néanmoins m'incita à poursuivre l'aventure. Bien m'en a pris. 

J'ai ainsi pu converser avec six femmes saudis exceptionnelles qui, grâce à leurs expériences personnelles respectives, avaient interprété ce livre avec différentes intonations. Une diversité de sujets est apparue pendant la soirée: du traitement des femmes dans la société saudie à ce que pourrait offrir l'islam progressiste à cette même société, en passant par l'homosexualité et bien sûr l'amour dans son universalité. ces deux heures se sont envolées en l'espace de 20 minutes. 

Heureusement, la prochaine discussion aura lieu en août, Inschallah! A priori, le livre en question sera "conversation avec Dieu". N'ayez crainte, je ne me suis pas convertie, c'est un livre que beaucoup de personnes m'ont recommandé ces derniers temps (petit clin d’œil à Khing) et qui curieusement a été sélectionné dans ce cadre.

Dimanche soir, une nouvelle expérience culturelle m'attend puisque j'assisterai à un séminaire sur la vie en Arabie Saoudite avec une experte en interculturalité. Curieusement, la vie dans ce pays génère de plus en plus de rencontres intéressantes. :)

Je joins ci-dessous quelques photos d'un petit voyage "sculpturel" à Jeddah...









 


    

mardi 10 mai 2016

Quand la vie m'offre ses leçons sur un plateau...

Je ne peux m'empêcher d'écrire ce soir, incapable de me concentrer sur le sujet qui devrait pourtant m'occuper depuis des semaines : comment améliorer son optimisme. Pourquoi, me direz-vous, suis-je sensée explorer cette question? Pour résumer une longue histoire, c'est le sujet que je me suis vue attribué pour ma prochaine formation à Dubai et être certifiée Coach en intelligence émotionnelle (ou EQ Coach). 

Malgré les nombreuses années d'apprentissage et tous les efforts que j'ai pu faire pour apprendre plus théoriquement et moins empiriquement, il semble que la vie elle-même me rappelle que rien ne rentre dans mon cerveau si je ne suis pas soit sous pression ou que je vive les faits eux-mêmes pour les intégrer et comprendre complètement. 

L'optimisme donc.. Curieux sort que d'être choisie pour ce thème si étroitement lié à mon développement personnel. Ma terre d'origine est loin d'être reconnue pour sa culture optimiste, je la remercierais plutôt de m'avoir transmis un fort esprit critique, la possibilité d'argumenter et mon goût pour la culture. Mais... tous ces atouts sont aussi teintés d'une couleur un peu plus sombre: le pessimisme. Avez-vous déjà remarqué que pour signifier quelque chose de positif, la langue française utilise la négation. "C'est bien"... Non.... ce serait beaucoup trop beau! "c'est pas mal" est beaucoup plus engageant. 

Sans même comprendre ce qui m'arrivait, je me suis vue peu à peu transformée pendant mes quatre années en Colombie, le pays où les gens les plus pauvres observent la vie avec un sourire et un espoir d'un avenir meilleur qui font face aux pires obstacles. Bien sûr, cet optimisme à toute épreuve a ses limites mais saupoudrer mon esprit franco-critique d'un peu de positif m'a fait le plus grand bien ! J'ajouterais même qu'heureusement que j'ai pu bénéficier de ce moulage avant de m'embarquer pour cette nouvelle aventure dans le désert. Mon expérience saoudienne aurait pu tourner au vinaigre balsamique sans ce petit passage préalable au pays du printemps éternel. Mon travail quotidien est d'appliquer les enseignements colombiens et d'améliorer mes compétences dans ce domaine pour atteindre plus facilement ma prochaine oasis. 

Le week-end dernier, j'ai eu l'opportunité de coacher une personne pourvue d'un optimisme très, voire trop, développé et de constater les effets néfastes que cela pouvait aussi engendrer chez cette même personne. Remarque quelque peu naïve me direz-vous mais qui saura alimenter mon petit exposé la semaine prochaine. 

Mais la leçon la plus importante m'est arrivée sur un plateau cet après-midi en la personne d'Hajar. Une visite inattendue qui a illuminé ma journée. Je l'avais rencontrée l'été dernier, nos premières conversations avaient été plutôt tendues puisque je devais lui annoncer qu'elle ne pourrait participer au projet de recherche qu'elle avait en tête. Je ne peux jamais résister à quelqu'un qui sait argumenter avec raison et qui malgré le ton insistant reste correct dans ses propos. Elle avait eu gain de cause et je lui avais trouvé un logement sur le campus. Mais l'histoire s'est compliquée lorsque les autres étudiantes qui devaient partager son appartement m'ont informée des chamailleries qui duraient depuis un an et que cette jeune demoiselle ne s'était pas nécessairement comportée au mieux. Sans prendre parti, j'ai essayé de converser avec Hajar. Je dois avouer que je suis restée quelque peu frustrée de n'avoir atteint les résultats escomptés. Au milieu de l'été, la triste nouvelle est tombée: des cellules cancéreuses ont été trouvées dans son corps. Elle restait néanmoins toujours aussi inaccessible. Même si le contact restait cordial, aucune avancée ne s'annonçait. Je dois reconnaître que j'ai même pensé que si son comportement ne changeait pas, elle aurait du mal à sortir indemne de cette difficile période. Je ne pensais pas avoir pensé à voix haute...   

En accord avec ses parents, elle a décidé de retourner aux U.S. et d'avoir un avis supplémentaire sur son diagnostique. Malheureusement, celui-ci fut très rapidement confirmé et Hajar a demandé à pouvoir rentrer en KSA et se retirer du programme. Curieusement, même si je ne suis plus supposée m'en soucier, l'envie de la contacter m'a taraudée toute l'année. Je n'en n'ai rien fait mais son nom restait ancré dans mon petit cerveau. Fort heureusement, mes collègues ont fait appel à elle aujourd'hui et nos chemins se sont croisés au détour d'une réunion officielle. 

A ma plus grande surprise, son regard envers moi s'est tout de suite illuminé et nous nous sommes immédiatement étreintes. Ce changement d'attitude m'a bien évidemment surprise mais l'histoire et le discours qu'elle m'a tenus sont encore plus puissants à mes yeux.

Elle remercie la vie pour ce qui lui est arrivé, elle considère cette triste nouvelle comme une excellente opportunité de se recentrer sur ce qu'elle voulait réellement étudier et qu'elle avait perdu de vue lorsqu'elle avait découvert la recherche sur notre campus: la médecine. En rentrant en KSA, les médecins ont avoué leur incapacité à comprendre ou traiter sa maladie et lui ont recommandé un docteur à Los Angeles (ironie du sort puisqu’elle étudiait à San Diego). Elle voyage donc tous les trois mois aux U.S. pour se faire soigner et s'assurer de la bonne évolution de la maladie. Elle profite pleinement du soutien de ses parents qui ont grandement apprécié son retour en KSA et l'ont gratifiée d'un jacuzzi dans sa chambre (oui, il fallait bien un petit détail saoudien quand même). Elle s'est inscrite dans une université relativement multiculturelle à Riyadh et parle avec passion de ses études, ses projets de se spécialiser en chirurgie et de poursuivre sa carrière aux Etats-Unis tout en servant et en découvrant son pays.

Humble, souriante, respirant la joie de vivre, je n'ai pu m'empêcher de faire le parallèle entre nos deux rencontres et de la féliciter pour cette impressionnante évolution. Alors que je la complimentais, elle m'a remerciée pour mon attention de l'année dernière et m'a présenté ses excuses pour son attitude.

Nous avons fini par découvrir notre goût commun pour les treks et qui sait nous nous retrouverons peut-être sur l'un d'entre eux puisque nous sommes abonnées aux mêmes newsgroups! 

Mais en attendant je garde à l'esprit que même dans les pires moments, il est important de regarder les épreuves avec un œil positif et de ne pas perdre son esprit de résilience de vue. La vie finit toujours par vous récompenser à moyen terme.       

vendredi 6 mai 2016

Les taxis et moi... Une histoire d'amour (ou pas) !

Vous aviez peut-être apprécié (ou pas) mes histoires de taxis colombiens qui souvent se terminaient en demande en mariage. Grande nouvelle, cette fin heureuse ne risque pas de m'arriver dans ce doux nouveau pays d'adoption. 

Même avec la plus grande volonté, garder son calme et une diplomatie à toute épreuve est terriblement difficile. Bien sûr, une fois de plus ces conducteurs ne sont nullement responsables de la situation dans laquelle on les met : ils sont probablement payés une misère, ne parlent pas anglais (ni arabe) et ne connaissent en rien la ville. Certains ne savent même pas s'orienter sur notre campus, alors Jeddah vous n'y pensez pas!

Ma première expérience désagréable s'est déroulée il y a 15 jours lorsque nous avons décidé, jeunes femmes indépendantes de nous rendre à une nouvelle expo d'art à la galerie Alamania. Plus de 30 artistes étaient représentés et proposaient deux sketches chacun. Après un long et douloureux périple, de nombreux appels à un ami peintre pour nous guider, nous avons enfin trouvé la petite maison,  rencontré et échangé avec les artistes en personne. 
Nous avions eu la génuine idée de faire d'une pierre deux coups et de nous rendre à une deuxième expo "The arabian wings", soit disant située dans les proches environs. Nous étions lundi soir mais après tout quitte à voyager tout ce chemin, autant en profiter pleinement. Bien sûr entre théorie et réalité, il y a toujours une variante et la flexibilité s'impose d'elle-même. 


Notre flexibilité a néanmoins été mise à rude épreuve. Le chauffeur ne nous comprenant pas bien semblait prendre les routes opposées à celles demandées. Lorsqu'il s'est senti perdu, il a fait appel à un ami qui, bien sûr, ne comprenait pas mieux et nous a assimilées aux étrangères habituelles qui probablement au lieu de prononcer Alhyatt voulaient aller à IKEA. Toutes nos tentatives d'explications et de redirections sont restées vaines jusqu'à ce que désespérées nous avons dû nous rendre à l'évidence qu'à cette heure tardive l'expo était probablement déjà fermée. 

Retour à la maison. Ce ne devrait pas être trop compliqué, hein? Vous savez comment rentrer? Eh bien oui bien sûr! Alors pourquoi est-ce que vous allez dans le sens opposé de ce qui est indiqué sur le GPS? Tout simplement parce qu'il ne connaît qu'une seule manière de retrouver Medinah road et que nous ferons un nombre impressionnant de demi-tours pour retrouver le seul chemin qu'il connaissait. Et bien sûr, il aurait aimé avoir un pourboire... Pourquoi n'a-t-il pas de GPS me direz-vous? Tout simplement parce que la société qui les paie une misère considère qu'ils doivent se le procurer eux-mêmes. A priori ils doivent aussi se former eux-même et apprendre l'anglais tous seuls? Cela ne fait pas un peu beaucoup quand même? Incroyable, à notre époque, que les choses puissent encore se dérouler ainsi. :-(

Confiante, j'analysais cette situation comme le résultat d'un piètre choix de la compagnie (nous en avons trois sur le campus) mais la vie a décidé de me démontrer que j'étais encore une fois trop utopique. Hier soir, jeune femme indépendante, j'ai souhaité me rendre seule à Jeddah pour rejoindre une amie pour une intéressante expo d'art. Eh oui encore... Qui a dit qu'il n'y avait pas d'art qui vaille en KSA? Je ne prenais pas un très grand risque en y allant seule puisque le lieu était situé entre deux centres commerciaux très réputés. J'admets, je n'ai aucune idée comment m'y rendre seule, mais c'est bien la raison pour laquelle je fais appel à un taxi, non? Je me suis donc assoupie gaiement après ma longue semaine de travail jusqu'à ce que ce monsieur me demande en un pseudo-anglais de regarder mon app pour savoir où nous devions nous rendre. Mon app? Euh... n'es-tu pas supposé savoir où je dois aller? Fort heureusement ma bonne étoile m'a immédiatement montré le bâtiment où je devais retrouver mon amie. 
Où est l'entrée exactement, là où il souhaite sans aucun remords me laisser ne montre aucunement le signe d'une porte d'entrée. Je doute sincèrement et fortement être au bon endroit. Petit appel à mon amie saudi, qui me le confirme. Comment ce chauffeur pouvait-il même imaginer me laisser à cet endroit toute seule, par cette chaleur il espérait peut-être que j'allais m'amuser à me promener et à demander mon chemin à qui mieux-mieux avec mon abaya? 

Avant de le quitter, je lui demande d'informer l'entreprise que je souhaite changer mon horaire de retour et retarder d'une heure. Il m'assure qu'il vient de le faire... Sauf que... A 20h40 (parce que bien sûr ils arrivent toujours bien plus tôt que prévu, on est supposée ne pas avoir de vie ou quoi??) un autre chauffeur m'appelle pour m'annoncer qu'il m'attend je ne sais où. Après négociation délicate avec le chauffeur, puisqu'une fois de plus nous n'avons pas de langage commun, l'entreprise m'appelle. Alors que mon interlocuteur essaie de me faire passer pour une mauvaise cliente et voulant m'octroyer le paiement d'une heure d'attente, je finis par avoir gain de cause. On me récupérera à 22 heures et je paierai la course normale. 

Bien sûr à 21h40, un nouveau chauffeur m'appelle (grrrrrr) et souhaite venir me récupérer. Non merci, je suis toujours en train de dîner. Mon amie tente sereinement et clairement de lui expliquer comment nous retrouver au restaurant situé à 10 mètres de là où il se trouve. Bien sûr, impossible pour lui de comprendre comment nous localiser. Mon amie offre donc de me conduire à lui. Grrrrr.

Rentrée indemne, je redoute déjà la prochaine invitation à sortir. Je ne peux quand même pas toujours dépendre de mes amis pour sortir librement ! Définitivement, mon séjour ici aura lourdement appuyé sur le levier "indépendance" qui semblait un peu trop fortement me représenter pendant toutes ces années.