Le thème de mon voyage en Colombie... qui se traduit par "let it flow" en anglais et "laisser couler" en français.
N'est-ce pas quelque peu ironique qu'une expression qui se veut positive et libératrice dans d'autres langues soit si négativement impactée en français. Mais, me direz-vous, l'eau coule à flots et au premier regard cette expression n'a absolument rien de négatif. Sauf que.... lorsque l'eau coule, celle-ci se dirige généralement vers les bas fonds. Et lorsque le bateau coule, par définition il ne reste pas à la surface ni finit ses jours heureux au soleil.
Si le terme fluidifier existe, si l'eau est fluide, pourquoi le verbe "fluir" ne pourrait-il pas exister plutôt que d'imaginer une nouvelle expression avec le terme "couler"? Les français n'ont-ils pas le droit eux aussi d'adopter une attitude positive face à la vie?
Just a humble perspective de ma vie en Arabia Saudita. En route pour de nuevas aventuras!
vendredi 30 septembre 2016
mercredi 31 août 2016
On being tolerant...
Alors que je venais rencontrer mes etudiants a MSU aujourd'hui j'ai ete temoin d'une scene qui m'a laissee pensive: une de mes etudiantes clairement occidentalisee, puisque j'ai meme eu du mal a penser qu'elle pouvait etre Saudi, s'est retrouvee dans les bras d'une autre etudiante Saudi plus conservatrice. Elles se sont embrassees fortement, respectees, et etaient heureuses de se retrouver apres un ete separees l'une de l'autre.
Partageant la meme culture, ou le jugement et la delation sont generalement valeurs communes, elles auraient pu se regarder en chien de faillance. Mais non, chacune respecte le choix de l'autre sans jugement et sans essayer d'imposer ses croyances...
Si ces deux personnes eduquees par deux familles totalement opposees - le pere de l'une a poursuivi toutes ses etudes a l'etranger et la mere de l'autre n'a jamais connu une autre terre que le royaume - sont capables de s'apprecier et d'etre de vraies amies, pourquoi est-ce que les medias et le reste du monde ne cessent de propager l'intolerance?
Honnetement, ces jeunes etudiantes qui vont en classe en short extra courts et en petit haut sexy me perturbent bien plus que les etudiantes voilees. Comme m'a si bien repondu la deuxieme etudiante, elle avait l'habitude de voir ces jeunes femmes a la tele. Si cela leur convient, elle ne souhaite pas les convaincre autrement. Elle sait qui elle est, souhaite respecter ses propres valeurs et rester fidele a elle-meme sans imposer quoi que ce soit a qui que ce soit!
Alors je me pose la question: Qu'y-a-t-il de mal a cela? et en quoi cela devrait-il offusquer le reste de la population?
mardi 23 août 2016
Ce moment où...
Vous découvrez que vous n'avez jamais réellement vu la face cachée des jeunes femmes Saudis !
Même si j'avais eu la chance de voir quelques une de mes amies dévoilées chez moi ou lorsque nous dînons entre filles en milieu fermé, ces opportunités restaient relativement limitées et très peu diversifiées.
Samedi, alors que j'avais convenu de retrouver Solafa à Jeddah, elle a généreusement proposé que nous nous retrouvions au Park Hyatt Hotel plutôt que dans un mall. Nul besoin d'ajouter "à mon plus grand bonheur!"
L'hôtel a souhaité développer un complexe unique dans ce pays où un spa uniquement réservé aux femmes a été construit et celles-ci ont la possibilité de se dévêtir (pas de burkini pour les anxieux de la polémique actuelle) avec une petite fenêtre sur la mer rouge pour ne rien gâcher.
A peine arrivée j'ai eu la sensation de me retrouver au paradis, peinture blanche, musique zen et jeunes filles magnifiques arpentant les couloirs. Vous ne vous imaginez pas ce que le son musical dans un lieu public peut faire à vos oreilles lorsque vous en êtes privés pendant si longtemps!
Certes le droit d'entrée n'est pas des plus économiques et les femmes présentes représentaient une certaine classe mais elles étaient toutes superbes et modernes. Quel contraste avec la vie quotidienne!
Certains disent que le voile permet de donner de la valeur à la femme... Il y a très certainement de véritables trésors cachés dans ce pays!
Sur ce, je m'envole dans quelques heures pour un mois de liberté. Première étape: USA et pour finir: Paisalandia!!
dimanche 7 août 2016
Un bien curieux musée...
Derrière sa prestigieuse architecture, se cache un amoncellement de culture et de savoir scientifique invraisemblable. Ce lieu a été érigé par une personne sur ses deniers propres il semble. Cette personne a réussi à acheter et à exposer plus de choses de tous les continents et toutes les disciplines qu'aucun curateur n'oserait rêver.
Certes la disposition des œuvres laisse parfois pantois puisque la première salle présente des images de senso-perception alors que la deuxième nous propose un fossile de dinosaure directement importé du Brésil et que la troisième nous expose le développement du royaume pétrolier, juxtaposé à certains messages de développement personnel tout en faisant face à de nombreux posters prônant le manger sain et équilibré. Une organisation tout à fait aléatoire qui nous laisse perplexe initialement mais qui finit par nous séduire à la fin de l'après-midi. Un minimum de trois heures est en effet nécessaire pour arpenter les 200 salles de ce musée.
Le deuxième étage oscille entre la représentation des différents habitats dans les diverses régions du royaume, l'art islamique et des œuvres d'art de toutes les époques, pays et styles. Je n'avais jamais vu autant de joyaux réunis dans un seul et même endroit. Des vases de Chine d'une beauté et grandeur époustouflante, des tapis de Turquie que l'on ose à peine effleurer et des tableaux d'artistes probablement reconnus disposés de part et d'autre des couloirs sans pouvoir les admirer à leur juste valeur tant ils sont agglutinés les uns sur les autres.
Je dois avouer que nos yeux ont été saturés après deux heures de découverte, mais la visite valait définitivement le détour. Même notre chauffeur de taxi a apprécié sa longue attente puisqu'il a pu respecter son heure de prière dans l'une des plus belles mosquées de Jeddah.
Quelques photos supplémentaire sur le lien suivant! :-)
https://goo.gl/photos/dwD5LeS5uhfHUUvQ7
Certes la disposition des œuvres laisse parfois pantois puisque la première salle présente des images de senso-perception alors que la deuxième nous propose un fossile de dinosaure directement importé du Brésil et que la troisième nous expose le développement du royaume pétrolier, juxtaposé à certains messages de développement personnel tout en faisant face à de nombreux posters prônant le manger sain et équilibré. Une organisation tout à fait aléatoire qui nous laisse perplexe initialement mais qui finit par nous séduire à la fin de l'après-midi. Un minimum de trois heures est en effet nécessaire pour arpenter les 200 salles de ce musée.
Le deuxième étage oscille entre la représentation des différents habitats dans les diverses régions du royaume, l'art islamique et des œuvres d'art de toutes les époques, pays et styles. Je n'avais jamais vu autant de joyaux réunis dans un seul et même endroit. Des vases de Chine d'une beauté et grandeur époustouflante, des tapis de Turquie que l'on ose à peine effleurer et des tableaux d'artistes probablement reconnus disposés de part et d'autre des couloirs sans pouvoir les admirer à leur juste valeur tant ils sont agglutinés les uns sur les autres.
Je dois avouer que nos yeux ont été saturés après deux heures de découverte, mais la visite valait définitivement le détour. Même notre chauffeur de taxi a apprécié sa longue attente puisqu'il a pu respecter son heure de prière dans l'une des plus belles mosquées de Jeddah.
Quelques photos supplémentaire sur le lien suivant! :-)
https://goo.gl/photos/dwD5LeS5uhfHUUvQ7
vendredi 5 août 2016
Une petite soirée ciné à Jeddah...
Ciné et Jeddah ne rime généralement pas ensemble puisque le seul cinéma ouvert en Arabie saoudite réside sur notre campus. Mais hier soir j'ai pu bénéficier de la générosité du centre d'échange culturel. Ils nous ont proposé la diffusion du film "Aramco brats", les enfants nés des familles américaines qui ont accepté de s'expatrier en KSA pour participer à la création de la compagnie pétrolière ARAMCO et donc contribuer fortement au développement de l'Arabie saoudite.
Le film présentait un peu trop longuement à mon goût les conditions "de rêve" dans lesquelles vivaient ces familles et les larmes qui coulent désormais sur leur visage à la simple évocation de ces souvenirs. Curieusement, ou pas puisque notre campus a été créé par les dirigeants de Aramco, leur vie paradisiaque ressemble trait pour trait à la nôtre... Le producteur pourrait parfaitement décliné son film en K...T brats! Je lui conseillerais néanmoins d'inclure les effets pervers de vivre dans une telle bulle et de se focaliser un peu plus sur les points tout à fait pertinents suivants et traités un peu trop rapidement à mon goût.
Certaines de ces personnes ont dû quitter le pays à la lueur des chars militaires en pensant y revenir sous peu. C'était leur maison, leur pays depuis leur naissance et ils n'ont jusqu'à ce jour pu y retourner. Je n'avais jamais connu cela auparavant mais l'idée de ne pouvoir revenir visiter ce pays si jamais je venais à déménager me perturbait fortement. En effet, à moins de se convertir ou d'avoir un membre de sa famille sur place, impossible de revenir... Triste réalité. J'ai commencé à respirer sur ce sujet lorsque mon amie Solafa m'a assurée qu'elle pourrait m'inviter professionnellement. Un vrai soulagement!
Mais nombre de ces familles n'ont pas eu cette chance! Ces familles, sans avoir énormément de contact avec la culture Saudi, ont néanmoins appris à respecter l'islam, à voir ce pays avec d'autres jumelles que les optiques faussées des médias, et à garder un esprit ouvert sur toute autre culture. Vous voulez dire que je ne suis pas la seule à sentir ces choses?
Autre point trop éphémère à mon goût dans ce film: l'incapacité d'un grand nombre de ces personnes à expliquer en détails leur vie aux personnes incrédules extérieures à cet univers, à présenter les beautés de ce pays ainsi que l'accueil chaleureux que nous réserve chaque famille Saudi!
Le film présentait un peu trop longuement à mon goût les conditions "de rêve" dans lesquelles vivaient ces familles et les larmes qui coulent désormais sur leur visage à la simple évocation de ces souvenirs. Curieusement, ou pas puisque notre campus a été créé par les dirigeants de Aramco, leur vie paradisiaque ressemble trait pour trait à la nôtre... Le producteur pourrait parfaitement décliné son film en K...T brats! Je lui conseillerais néanmoins d'inclure les effets pervers de vivre dans une telle bulle et de se focaliser un peu plus sur les points tout à fait pertinents suivants et traités un peu trop rapidement à mon goût.
Certaines de ces personnes ont dû quitter le pays à la lueur des chars militaires en pensant y revenir sous peu. C'était leur maison, leur pays depuis leur naissance et ils n'ont jusqu'à ce jour pu y retourner. Je n'avais jamais connu cela auparavant mais l'idée de ne pouvoir revenir visiter ce pays si jamais je venais à déménager me perturbait fortement. En effet, à moins de se convertir ou d'avoir un membre de sa famille sur place, impossible de revenir... Triste réalité. J'ai commencé à respirer sur ce sujet lorsque mon amie Solafa m'a assurée qu'elle pourrait m'inviter professionnellement. Un vrai soulagement!
Mais nombre de ces familles n'ont pas eu cette chance! Ces familles, sans avoir énormément de contact avec la culture Saudi, ont néanmoins appris à respecter l'islam, à voir ce pays avec d'autres jumelles que les optiques faussées des médias, et à garder un esprit ouvert sur toute autre culture. Vous voulez dire que je ne suis pas la seule à sentir ces choses?
Autre point trop éphémère à mon goût dans ce film: l'incapacité d'un grand nombre de ces personnes à expliquer en détails leur vie aux personnes incrédules extérieures à cet univers, à présenter les beautés de ce pays ainsi que l'accueil chaleureux que nous réserve chaque famille Saudi!
lundi 18 juillet 2016
On dirait le Sud...
Même si j'ai l'impression que je suis rentrée il y a maintenant un siècle, les vacances se sont terminées il y a seulement une semaine. Le cœur lourd j'ai dû reprendre l'air pour Paris voici maintenant 10 jours. Cela m'a rappelé l'époque où je quittais l'Amérique du Sud après un mois de sérénité dans un de mes pays préférés. Cette fois, une semaine avec deux petits anges (qui peuvent parfois se transformer en petits monstres, soyons honnêtes) et la famille a suffi pour remettre en question beaucoup de choses dans ma petite vie jusqu'alors bien tranquille.
Ne rêvons pas, un retour en France ne saurait s'envisager actuellement et un miracle ne me permettra pas de récupérer les années fécondes passées ! Mais rien ne m'empêche de résumer les étapes parcourues et de dessiner un nouvel horizon.
A mes crayons ! Non sans partager quelques beaux souvenirs de ces quelques jours français...
vendredi 24 juin 2016
Retour aux sources
Les
années ont passé et je reste impactée par le sujet. Les compétences
interculturelles et comment s'adapter à une nouvelle culture reste mon sujet de
prédilection, il semble. Même si l'intelligence émotionnelle est venue
s'insérer dans cette réflexion, rien ne me fait plus vibrer que d'assister à un
débat ou différentes cultures s'expriment sur leur adaptation dans leur nouveau
pays.
C'est
cette formidable expérience que j'ai pu vivre dimanche dernier dans la superbe
maison du non moins célèbre architecte Sami Angawi (cf. un de mes posts précédents
qui rendait compte de ma première visite dans cette magnifique maison). Nous
avons eu le privilège de sa présence un court instant. Cette brève apparition
m'a permis de confirmer la grandeur de cet homme. C’est non seulement un architecte
et philosophe reconnu dans le monde entier mais sa simple prestance vous
illumine d'un seul rayon et il vous irradie instantanément de sa sagesse et sérénité.
Un phénomène inexplicable que je n'ai connu qu'en très rares occasions. Les dernières
personnes qui m'ont fait cet effet étaient Bill Clinton et Margareth Mitchell.
La comparaison aujourd'hui me parait peu appropriée tellement il me semble au-delà
de ces deux personnages publics.
L'évènement
était ouvert et gratuit à tout public. Une vingtaine de nationalités étaient présentes
et incluaient l’Estonie, l’Ethiopie, la France, l’Italie, le Pakistan et les
Etats-Unis sans oublier l’Arabie Saoudite. Vous imaginerez les débats que cette
diversité a générés. Certaines femmes américaines vivaient en Arabie depuis presque
40 ans, leur vision était très intéressante. Musulmanes toutes les deux, elles
ont apporté une vision bien différente de ce pays. L’une d’entre elles
comparait la vie qu’elle avait eue aux Etats-Unis en tant que musulmane, le
racisme et les pressions négatives qu’elle avait reçues alors qu’elle ne
demandait qu’à exercer sa foi en paix. Arrivée en Arabie Saoudite, elle reconnaissait
qu’elle s’était sentie plus libre et respectée que dans son pays d’origine. Une
autre vieille dame reconnaissait et dénonçait les abus des femmes encore
existants dans certaines familles et la non réponse des autorités dans de
telles situations mais admettait qu’elle préférait largement vivre en Arabie
Saoudite qu’aux Etats-Unis. Au cours de toutes ces années, elle avait pu vivre trois
révolutions qui avaient largement contribué au développement du pays : l’apparition
du câble, du téléphone et Internet. Au vu de l’évolution du pays à travers ces
transitions, elle exprimait sa confiance en un avenir positif.
Curieusement,
la personne la moins optimiste de toute la salle était une Saudi dont les
parents étaient d’origine anglaise et italienne. Elle souffrait non seulement des mêmes
maux que nous expatriées (inhibition de notre féminité, perte d’indépendance et
impossibilité de conduire) mais aussi de la victimisation de ses enfants en
terme de harcèlement car leur mère ne suit pas les protocoles locaux et ne se
couvre pas. Je crois qu’elle souffre plus pour cette deuxième situation que pour
la première. Je lui faisais d’ailleurs remarquer (me référant a ma propre expérience)
qu’être trop indépendante comportait aussi ses travers.
Le thème
de l’imposition culturelle par une minorité est également apparue à l’issu du débat.
Conservateurs et libéraux se sont affrontés verbalement l’espace d’un instant pour
ensuite retomber diplomatiquement et laisser place à l’éternel débat de donner la
possibilité des femmes conduire dans le pays. Un thème récurrent des femmes
dans ces instances qui génèrent des soulèvements de sourcils de la part des
hommes, façon « encore ! ».
Lors d’une
discussion sur cette soirée avec un de mes étudiants, j’ai eu la possibilité d’écouter
le prince s’exprimer sur ce sujet. Dans son discours, il déclarait que le problème
ne provenait pas tant de la famille royale que de la société elle-même. Le film
« Wadjda » de Haifaa Al-Mansour le décrit subtilement mais
parfaitement. Dans ce même discours, il faisait une analogie très pertinente :
les Etats-Unis ont été créés en 17794, combien d’années leur a-t-il fallu pour
abolir l’esclavage, donner le droit de vote aux femmes… ? KSA est né il y
a 100 ans, certes les problèmes existent et de nombreux faits restent
inadmissibles aux yeux des occidentaux mais le parcours réalisé en si peu d’années
laisse penseur également. Cette transformation risque de s’accélérer encore lorsque
certains (et j’espère un important groupe de mes étudiants) des 400 000 étudiants
saoudiens, qui se trouvent actuellement aux Etats-Unis grâce aux bourses offertes
par feu le roi, rentreront au pays.
Mes
nombreuses conversations avec les étudiants montrent leur dévouement à cette
cause et leur volonté de contribuer au changement. Mes esprits révolutionnaires
toujours bien présents, je dois avouer que je les incite fortement à la création
d’entreprise et les supporte dans cette voie. J
Prochaine
excursion culturelle : exposition photo sur le voyage à Makkah en 1905 et une
exposition artistique locale. Qui aurait cru que je pourrais trouver autant de
vie culturelle dans ce désert ?
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